08 janvier 2009
Pour être en forme ... dépense bien !
Séance psy aujourd'hui.
Je lui ai parlé de ma dépression qui s'éternisait, certes amoindrie et on a évoqué ma propension aux dépenses inconsidérées. Il faut dire que je suis à découvert depuis ce matin, et ça ne m'était pas arrivé depuis des années. Il a évoqué la possibilité d'une curatelle, si je n'arrivait pas à gérer mon budget. J'ai acquiescé, mais je pense à cette éventualité comme à un dernier recours, si je n'arrive pas à m'apprendre à gérer mon budget.
Sinon, il a doublé la dose de lithium et j'ai une prise de sang à faire pour connaître le taux de lithium dans mon sang. C'est la procédure habituelle pour ce médicament.
Je suis arrêté jusqu'au 30 et après, je compte bien reprendre le boulot. J'espère qu'entre temps, ils m'auront dégotté un appartement car je ne me vois pas faire deux heures de marche dans un froid glacial.
Je suis un peu cafardeux ce soir, un peu déprimé, j'ai du mal à me concentrer sur mes cours, je pense en permanence à ces problèmes d'argent. Certes, je vais être renfloué sous peu et la majorité de mes dettes seront réglées, mais je trouve très désagréable de ne pas disposer d'argent.
Ça va toujours mieux en le disant.
Sinon je suis à l'aube de renoncer à la clope et au café à outrance, les combats reprennent de plus belle, je déprime parfois, mais je ne m'avoue pas vaincu, loin s'en faut !
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26 décembre 2008
Déprime !
Je suis en pleine déprime depuis ce matin, et le pire, c’est que je ne sais pas pourquoi.
Pourtant, Noël s’est très bien passé, avec ma sœur, deux de mes neveux qui avaient amené chacun un copain. Pour l’anecdote le copain d’un de mes neveux est en fait son petit copain !
Il y a eu de la bonne bouffe, une bonne ambiance, de belles réjouissances. J’ai très peu dormi ce qui explique peut-être la lassitude que je ressens ce soir.
J’ai mangé beaucoup trop, surtout des chocolats et lundi je me remets au régime car j’ai fermement l’intention de perdre ces vingt-cinq kilos de trop. Il va falloir aussi que je cesse de fumer. Reprise de mes combats, donc, il va falloir pour ça que je retrouve la pêche. Je me sens déjà moins déprimé en écrivant, ça va toujours mieux en le disant.
Je vais me payer, j’espère, une bonne nuit de sommeil réparateur, souhaitant que je retrouve mon allant demain matin.
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13 décembre 2008
Nouveau traitement
« Décompensation bipolaire », voilà ce qui est écrit dans la case ad hoc de mon arrêt de travail qui court jusqu'au 8 janvier, date à laquelle j'ai un nouveau rendez-vous avec mon psy. Décompensation, c'est le terme médical pour « rechute » et c'est une sacrée rechute que je fais là, oscillant entre deux humeurs extrêmes. Ainsi, ce matin, je suis plutôt déprimé.
Il avait lu le mail que je lui avais envoyé (voir quelques notes plus loin) et je lui ai fait lire ce que j'avais écrit avant de partir (voir le texte suivant) et il a su quoi me dire, comprenant la difficulté de mon travail et de la marche des deux heures par jour, déclencheurs de cette rechute. Il a noté une certaine tendance à l'autodestruction chez moi, ce que je ne saurais contester.
Me voilà donc expérimentant un nouveau traitement : nouveau neuroleptique (ZYPREXA), introduction du lithium à raison, dans un premier temps, d'un cachet le soir (THERALENE). Les antidépresseurs (le DEROXAT) ramenés à deux par jour, car en prendre quatre revenait à obtenir le résultat inverse que celui souhaité. Il va sans doute se passer des semaines avant que le traitement porte ses fruits. J'ai hâte que ça arrive, parce que cette situation est inconfortable. J'ai été mis sur la liste d'attente pour prendre le prochain rendez-vous qui se libère et de toutes façons, il s'arrangera pour que je le revois d'ici une semaine-dix jours, afin de faire le point. Une hospitalisation est possible si jamais je demeure aussi déprimé. A voir le moment venu.
J'ai encore dormi trois heures cette nuit, puis étudié mais je sentais la tristesse s'étendre en moi comme une marée noire. Là j'ai hâte que la poste ouvre afin d'envoyer mon arrêt de travail et la lettre qui l'accompagne, où je demande quelle est la démarche à faire pour demander un congé maladie, chose que j'envisage éventuellement si les choses ne s'améliorent pas. J'ai écrit à ma chef en lui expliquant mes troubles et la nécessité de changer de poste. Cette lettre est déjà dans la boîte (pour l'autre, il me manque des timbres) et partira ce matin. Je ne sais pas si j'ai bien fait, je verrai la semaine prochaine quelle sera la réaction de ma chef. Je vous tiens au courant.
Sinon, je fume mes dernières clopes, j'arrête après, surtout pour une question d'argent. J'ai tellement dépensé que j'ai tout claqué, j'espère que le nouveau traitement régulera ça aussi. Je vodrais bien être quelques semaines plus vieux, apaisé, d'humeur égale, prêt à reprendre le boulot. Pour l'instant, ce que je voudrais c'est trouver le sommeil et ne plus penser. Je suis sur mon petit nuage gris et j'attends. Du mieux. Dans un proche avenir.
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12 décembre 2008
Hypomanie !
Je suis depuis hier soir dans un état d'excitation intellectuelle extrême. Ça a commencé dans la soirée, j'ai dormi trois heures, de 19 heures à 22 heures, puis je me suis réveillé en forme, enthousiaste et j'ai décidé de m'attaquer au livre « Apprendre à programmer avec Python » qui comme son nom l'indique, permet aux débutants de se former à ce langage informatique. C'est un ouvrage extrêmement clair et didactique, j'ai passé la nuit dessus et j'ai bien progressé. Mais en fait, je n'ai pas été efficace car je passais d'une chose à l'autre, de la dactylo à l'apprentissage de l'anglais, de l'apprentissage de Python à l'apprentissage de Linux. Je m'éparpillais, et je ne sais pas pourquoi je parle au passé parce que je suis encore très épars, passant d'une activité à l'autre avec force intérêt, ayant envie de tout apprendre, de me cultiver, de préparer au mieux mon concours. Je crois que je suis dans ce qu'on appelle dans le jargon bipolaire un état d'hypomanie, qui est le pendant opposé de la dépression. Je suis bien content de voir mon psy cet après-midi parce que je ne cesse de passer d'un état à l'autre, de l'abattement à la surexcitation. Là je commence à fatiguer et il me semble que l'état d'hypomanie s'efface et j'espère qu'il ne va pas laisser place à la sombre dépression qui m'a colonisé ces dernières semaines. Le pire c'est que je me rends compte de tout ça, je m'observe en permanence, mais je n'ai aucune prise sur les événements, aucune influence sur mon état. Je trouve ça ingérable. En plus ça finit par fatiguer car les nerfs en prennent un coup.
Sur ce, je vous laisse, je vais aller me former soit à Python soit à Linux, ce qui me fera passer le temps en attendant le psy. Je souhaite presque qu'il me mette sous lithium pour égaliser mes humeurs parce que c'est invivable de passer incessamment d'un état à l'autre. En revanche, je suis toujours aussi introverti et les autres ne souffrent pas trop de mes variations d'humeur car je garde tout à l'intérieur, j'évite de me montrer trop excité ou trop abattu. La déprime est plus difficile à cacher que l'excitation (l'exultation) car on a tendance à se traîner et à faire la gueule. Mais je parviens à peu près à donner le change. Jusqu'à quand ? Je ne sais pas si les troubles bipolaires sont une maladie évolutive, mais ce que je sais c'est que je n'ai jamais été dans un tel état (ou plutôt dans une telle succession d'états). A suivre !
14:28 Publié dans Psychiatire | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
10 décembre 2008
Lettre à mon psy.
Cher docteur,
Je vous écris ce mail pour « préparer » la séance de vendredi à 15h40, parce que je veux être sûr de ne rien oublier et qu’un quart d’heure sera peut-être un peu juste pour parler des maux dont je souffre.
A vrai dire, je suis la majorité du temps un état de dépression assez avancé depuis le 3 novembre. Je suis dans cet état 80% du temps, le reste étant passé à être surexcité, exultant, remuant des projets fous, ou à être normal.
Tout a commencé avant le 3 novembre, alors que je j'avais repris le travail avec succès J"ai un boulot très dur, où il faut être réactif et vif. Le collègue qui travaille en binôme avec moi ne cessait de me répéter que je devais aller plus vite. Pour le satisfaire et devenir plus efficace, j’ai allégé le traitement par neuroleptiques, passant de 2 par jour à un tous les deux jours. Certes, au bout d’un certain temps j’étais plus vif, mais toujours pas assez pour le collègue. Puis, j’ai eu une grippe qui m’a cloué au lit une semaine et je me suis senti soulagé de ne pas aller au travail, surtout que je dois faire une marche à pied de deux heures par jour, aller-retour. Epuisant en ces temps pluvieux et froids ! Mais durant cette semaine de maladie, je me suis senti de plus en plus mal, dormant beaucoup, restant allongé la plupart du temps. La nuit, je remuais des idées de suicide. Pour être plus précis, je pensais à me planter un couteau dans le ventre et seule la peur de la douleur m’en a empêché.
Le dimanche soir précédent ma reprise au boulot, je me suis senti totalement incapable d’aller travailler, me retrouver avec un mec qui me houspille et me stresse. J’ai encore remué des idées de suicide, mais j’avais toujours peur de souffrir, j’ai donc décidé à 4 heures du matin, que je n’irais pas au boulot. La solution, c’était d’aller dans un hôtel à Paris, anonymement, de prendre de l’alcool, jusqu’à me donner le courage de sauter par la fenêtre.
C’est toujours ce que je fais en cas de crise grave, c’est une fuite en avant, je le sais mais quand ça me prend, je suis totalement incapable de me raisonner.
J’ai donc fait le chemin à pied jusqu’à Provins. Néanmoins, je me demandais si je ne devais pas prendre mon courage à deux mains, et aller au travail. Mais j’étais dans un état mental déplorable et la route à pied ce matin-là a été particulièrement difficile, car il pleuvait. J’avais oublié mon gilet phosphorescent (pour être vu des voitures). J’avais particulièrement peur de me faire percuter par un véhicule, d’autant que je marchais face à eux. Il faisait noir, ma pile ne m’éclairait pas assez, je flippais. A deux ou trois reprises, je me suis allongé dans un champ pour essayer de me calmer et de reprendre mes esprits.
Quand enfin je suis arrivé à Provins, j’avais le pantalon trempé jusqu’à mi-jambe et les chaussures mouillées. Je ne me voyais pas me présenter au boulot dans cet état-là. J’ai donc pris le train pour Paris. J’étais soulagé. Je n’ai même pas pensé que j’allais foutre en l’air 15 mois de sobriété. L’idée de me saouler jusqu’à l’oubli effaçait toutes mes autres pensées.
A l’hôtel j’ai pris un nom d’emprunt, j’ai réglé en liquide, je voulais absolument qu’on ne me retrouve pas. J’ai déballé les trois bouteilles de whisky et les paquets de cigarettes (rompant ainsi treize mois passé sans fumer) que j’avais pris soin d’acheter. J’ai éteint mon portable. Et j’ai commencé à boire et fumer.
J’ai passé la semaine dans un état second, délirant, totalement ivre. Au début, disons les deux premiers jours, j’allais mangé au fast-food de la rue d’en face. Puis j’ai cessé de m’alimenter pour boire encore et encore. Je ne me lavais pas, je refusais le ménage dans ma chambre, je ne sortais que pour renouveler ma drogue. Totalement alcoolisé, je n’étais bon qu’à fumer, à regarder la télé et à délirer sur les programmes.
Puis, ça a été le schéma habituel, le désespoir a pris le pas sur le délire, et c’est dans un état pathétique que j’ai quitté l’hôtel le dimanche midi. J’avais épuisé tout mon argent, je n’avais pas réussi à me jeter par la fenêtre, il ne me restait qu’une chose à faire puisque je ne pouvais plus retourner chez mes parents : rester à la rue.
J’ai connu la rue en 1992, dans des circonstances semblables. Mais c’était en été et j’avais quinze ans de moins. Là, le temps était froid et humide, et j’ai passé une nuit particulièrement dure, grelottant, en proie à des hallucinations causées par le manque d’alcool.
Au petit matin, j’ai appelé le 15 pour demander de l’aide pour me faire désintoxiquer. Ils m’ont donné l’adresse de l’hôpital Lariboisière où je me suis rendu tant bien que mal, tremblant, en proie à des angoisses terribles et à des hallucinations grandissantes.
Dès que j’ai été pris en charge aux urgences, je me suis senti mieux. J’étais sous perfusion, on s’occupait de moi, j’avais échappé à l’emprise de l’alcool, j’étais au chaud.
J’ai passé plusieurs heures là-bas et il était question qu’ils me renvoient le soir-même. Mais ils m’ont trouvé un taux anormal de globules blancs et une infection qui nécessitait une hospitalisation.
C’est ainsi que j’ai fait un séjour à l’hôpital, du lundi au vendredi. Ils n’ont pas trouvé l’origine de l’infection mais le taux de globules blancs a fini par redevenir normal. Durant ces cinq jours, j’ai pu récupérer et retrouvé de la dignité, recommençant à me laver et à m’alimenter. J’ai appelé ma mère et me suis excusé. Elle a été bien sûr soulagée de me savoir vivant, bien qu’elle se doutait de ce qui m’était arrivé. Je suis rentré en VSL le vendredi soir. Comme mon rendez-vous avec vous n’était que le 12, j’avais pris rendez-vous avec mon généraliste pour le lundi. Je voulais me faire arrêter jusqu’au moment de vous voir, car si j’avais retrouvé dignité et allant, je ressentais aussi une profonde tristesse, un anéantissement du au fait d’avoir replongé dans l’alcool et les cigarettes. Des mois d’abstinence gâchés par une semaine de folie délirante.
J’ai obtenu mon arrêt, le médecin m’a trouvé effectivement pas en forme et déprimé. C’est allé en grandissant, j’ai même songé à me présenter aux urgences pour me faire hospitaliser. Au fur et à mesure, j’ai pris plus de médicaments. J’ai triplé les neuroleptiques (ils avaient doublé la dose à l’hôpital) et j’ai pris (je prends encore) 4 DEROXAT par jour. Au fil des jours, j’ai réussi à me maintenir à flots et à ne pas trop déprimer.
J’ai connu une poussée d’exaltation qui a duré trois jours quand j’ai décidé de me préparer au concours des Instituts Régionaux d’Administration spécialité informatique. J’ai donc décidé de m’initier à pluseurs langages informatiques, j’en ai profité pour reprendre les cours de dactylo et me perfectionner en anglais. J’ai commandé des livres en quantité (enfin 5 ou 6) et je me suis mis à étudier d’arrache-pied pendant ces trois jours.
Puis le soufflé est retombé et je suis retourné à ma morne déprime que je connais depuis plusieurs semaines maintenant. Elle est à peine éclairée de passages « normaux » comme aujourd’hui où je me sens plutôt apaisé et en accord avec moi-même. Mais la plupart du temps, j’ai tendance à rester couché, à ne pas me laver, à manger trop ou pas du tout, à trop dormir. Je me maintiens à peu près à flot en augmentant les doses de médicaments mais je ne sais pas si je fais bien. En tous cas, ça m’aide à ne pas penser à la mort.
En tous cas je constate que je dépense beaucoup et que j’ai un mal fou à me concentrer, j’aimerais retrouver un équilibre pour parvenir à retravailler et me sentir mieux. Le va-et-vient de mes humeurs est épuisant, je me sens fatigué.
J’ai longtemps eu un doute sur mes troubles bipolaires, pensant que mes problèmes étaient plus liés à l’alcool qu’à des troubles psy mais je suis convaincu aujourd’hui d’être bipolaire, étant donnée mon humeur en dents de scie, ou plutôt en montagnes russes.
Voilà où j’en suis. J’ai hâte d’être vendredi pour que nous puissions en discuter.
Je vous salue et je vous dis à vendredi.
Jean-Yves.
15:12 Publié dans Psychiatire | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : bipolaire, dépression
07 décembre 2008
Des hauts et des bas, ça fait débat !
En ce moment, ça peut aller.
Enfin, à vrai dire, ce n'est pas le Nirvana, je suis le plus souvent déprimé; en fait j'alterne une majorité d'heures de dépression avec une minorité d'heure où je vais bien. J'ai du mal à me concentrer sur mes études; certains jours même, je ne fais rien, je me couche et j'attends.
Le bon sens populaire voudrait qu'on se foute des coups de pied au cul en cas de tristesse pour s'en sortir mais dans le cas d'une véritable dépression ça ne marche pas. J'ai hâte de voir mon psy vendredi pour en parler et trouver des solutions. Je pense à un changement dans la médication, je souhaite même passer au lithium car je trouve qu'il s'avère que je suis beaucoup plus bipolaire que prévu. J'ai doublé les doses de neuroleptiques et d'antidépresseurs, après qu'on mes les ait doublés à l'hôpital. Je vous parlerai plus tard de mon séjour à l'hôpital et des événements de la semaine du 3 novembre. Pour l'instant, je n'ai pas encore le courage d'avouer.
Pour l'instant, j'en suis là, à naviguer entre mélancolie et état normal, avec parfois des états d'exaltation. Je chéris toujours ce projet de passer les concours d'IRA Analyste début 2010. Mais pour ce faire, il faudra que je sois solide sur mes jambes et bien préparé. La confusion des humeurs que je ressens actuellement rend les études quasiment impossibles et il faut donc que je solutionne ça au plus vite. En plus, c'est épuisant d'être déprimé; en fait c'est surtout fatigant de passer d'un état à l'autre, sans pouvoir rien y faire. Je ne gère rien, je n'ai aucune emprise sur la maladie, elle m'échappe complètement. Je me regarde de l'extérieur, je vois comment je suis et j'aimerais changer ça. J'espère que les médicaments m'y aideront. Si jamais je passe sous lithium (je n'y crois pas, mon psy n'est pas pour), je dois m'attendre à des effets secondaires importants : prise de poids, acné, nausées … un programme réjouissant. Mais si ce médicament peut m'équilibrer, pourquoi pas. J'en discuterai vendredi, ça va me faire un bien fou de parler. Dommage qu'il ait fallu trois semaines de délai pour obtenir un rendez-vous. C'est autant de temps perdu à broyer du noir en ne voyant plus l'horizon qui se profilait. Mais à nouveau, au fur et à mesure que le rdv se rapproche, j'entrevois une lueur d'espoir. Vendredi soir, j'en saurai plus. J'aurais avancé. Bon sang que je déteste patauger dans la semoule comme en ce moment. Je n'avance pas, ça me mine. Je veux retrouver mon équilibre. Je suis sûr que ça va revenir. Y croire, c'est déjà commencer à aller mieux, non ?
17:26 Publié dans Psychiatire | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : bipolaire, dépression
19 octobre 2008
Survivre puis revivre
Vous savez quoi ? Depuis que j’ai remis un pied dans la vie normale, j’ai beaucoup moins de choses à dire, parce que ça se passe plutôt bien et que les gens heureux n’ont pas d’histoires.
Certes, tout est loin d’être rose : mon collègue me met la pression pour travailler plus vite et être plus réactif, et moi, qui suis pourtant dix fois plus alerte que début octobre, je stresse un peu. Je me paie deux heures de marche par jour, et je rentre vanné après avoir été debout au boulot toute la journée. J’ai fait une obsession de me dentition imparfaite et je stresse de l’image que je peux renvoyer aux dizaines de gens que je croise par jour.
Mais au final, tout est plutôt positif : mon collègue me réveille, me secoue, et j’ai l’impression de sortir de 5 ans d’engourdissement ou j’avais perdu toute énergie, toute estime de moi, deux choses que je regagne peu a peu en me réintégrant dans la vie. Je trouve au travail des vertus que je ne lui avais jamais trouvées jusque là et même si c’est source de stress, même si ca fait un peu chier de se lever tôt, ça vaut le coup de se sentir comme faisant partie d’un grand tout, d’être dans la vie, et je comprends mieux ces chômeurs qui dépriment de ne pas retrouver de travail.
Je commence à flotter dans mon 46, malgré une tablette de chocolat ingurgitée chaque soir, j’ai perdu deux kilos et suis retombé à 90, je comprends mieux le discours de Philou sur atoute.org qui nous parle des vertus du sport dans le forum "arrêter de fumer" (faudra que je vous retrouve le lien, son histoire est édifiante). Huit heures par jour à me bouger le cul, deux heures à marcher, je n'ai plus le temps d'angoisser ni de me regarder le nombril : je dors comme un bébé, dans la nuit de vendredi à samedi j'ai fait le tour du cadran et ce n'est qu'hier que je me suis fait une petite nuit blanche (couché à quatre heures du matin) à mater les nouveaux épisodes de mes séries préférées et à en découvrir de nouvelles. J'ai, par évidence et parce que j'en ai moins besoin, allégé le traitement à un neuroleptique tous les jours ou tous les deux jours. Je n'allège pas davantage, je reste persuadé d'être quand même atteint de troubles bipolaires et d'avoir besoin d'un minimum de neuroleptiques pour me maintenir cohérent et équilibré. Car en y réfléchissant, l'alcool seul ne peut pas m'avoir amené aussi bas, il y a autre chose. Je compte bien reprendre une psychothérapie une fois installé et comprendre le pourquoi et le comment de toutes ces années de hauts de bas passées à me détruire et à me relever, à tout perdre et à tout regagner. Je reste extrêmement vigilant car si j'en crois mon passé, c'est quand j'ai remonté la pente que je sombre à nouveau, l'histoire m'est arrivée 5-6 fois, à chaque fois ponctuée d'alcool et de solitude, allant plus loin à chaque fois dans la chute. La dernière fois, j'avais boulot et appartement quand j'ai tout sapé d'un coup en quelques jours d'alcoolisation massive, de 2003 jusqu'à ce jour de mai 2005 où j'ai abandonné un appartement dévasté et la vie qui va avec pour rentrer chez mes parents me guérir une énième fois. Toujours le même schéma, toujours la même histoire, la même courbe ascendante et descendante. Mais cette fois, j'ai fait un sort à l'alcool et mon corps et mon âme en guérissent d'autant mieux que les mois sans s'accumulent. Il parait qu'il faut deux ans pour récupérer ses pleines capacités, j'en suis à quatorze mois. Encore un peu de patience, les plaies se pansent et les cicatrices se referment mais attention à ne pas replonger, cette fois ce serait la fin, franchement je n'y survivrais pas, et ce n'est pas une figure de rhétorique. Donc, alors que le nouvel appartement et la vie qui va avec se profilent à l'horizon, je mets en place des mécanismes d'autodéfense et un plan de sauvegarde personnelle : alcooliques anonymes et psychothérapie. Tenue à jour de ce journal intime si impudique où Thierry et Bertrand et 3000 lecteurs par mois veulent bien se pencher. Je crois que cette fois-ci alors que j'aurai en main toute la panoplie de la vie normale, je ne retomberai pas, parce que j'ai construit des garde-fous et que j'ai ENFIN appris de mes erreurs, que j'ai enfin passé plus d'un an sans le poison-boisson et qu'un psy a nommé ma maladie, expliquant plus de vingt ans de ma vie. Bref, je grandis, un peu sur le tard, je répare les choses cassées et même si je tiens debout avec la seccotine des failles qu'on rebouche, je suis vivant et bien vivant. Moi l'athée, comme je l'ai déjà dit, je me surprends à penser qu'il y a un Dieu pour moi, ou peut-être est-ce tout simplement le fruit de ces cinq ans de lente reconstruction qui portent enfin leur fruit.
Bref, vendredi soir, en remontant la nationale à pied, les sentiments me sont revenus, sans doute parce que j'ai un peu allegé le traitement ou (et) que j'ai rejoint enfin le monde des vivants. Les larmes me sont venues, un peu surprises d'être là, je crois que j'ai un peu pleuré sur moi, sur ces vingt ans gâchés par l'abus d'alcool, vingt ans à ne rien construire, à ne rien épargner, à me laisser détruire, à me détruire à coup de massives doses de whisky-pastis, j'ai pleuré ces chances manquées mais je crois aussi que j'ai pleuré parce que je redevenais vivant et que les émotions m'étaient restituées, qu'enfin le soleil que je voyais était aussi, la lumière de la fin du tunnel. J'ai pleuré et je me suis senti heureux, soulagé, en phase avec la vie.
Il reste encore du chemin à parcourir, et la seconde moitié du chemin de mon existence à réussir, il reste de nouveaux amis à trouver (avoir renoué avec le grand Laurent est un bonus, une cerise sur le gâteau), il me reste à me faire pardonner des anciens amis que je peux retrouver (réparer les torts causés, c'est une des étapes du cheminement des alcooliques rétablis chez les AA), il me reste, enfin, peut-être, et je ne sais pas si j'en suis digne, et je ne sais pas, franchement, s'il n'est pas trop tard à trouver l'amour. J'écoute parfois une chanson de Julie Zenatti (je sais j'ai des goûts de chiotte) où elle dit à un moment "se peut-il que l'on m'aime, qu'on pardonne mes fautes" et c'est bien la question que je me pose. On verra bien, la vie est une aventure et elle s'écrit par épisodes, j'aurai sûrement encore beaucoup de choses à vous dire, vous que je ne connais pas et dont sans doute certains ont vécu bien pire que moi.
Au bout du compte, je ne vais pas me plaindre, même si on me dit souvent que je le fais. Je m'en sors, sans trop de bleus au corps, sans trop de blues à l'âme, tout étonné des ressources qu'on a en soi. J'ai quand même eu la chance d'avoir le cocon familial où me poser, le temps de me reconstruire, et tant que mes parents sont vivants, je ne partirai jamais bien loin. Je leur dois bien ça. J'ai eu de la chance, d'autres dans mon cas se sont retrouvés dans la rue, abandonnés de tous, ça aurait pu m'arriver. Je me considère comme un survivant d'un cataclysme alcoolique, un "revivant", et je n'ai de cesse que de m'extasier sur cette sensation de vie qui me revient. Il y a quelques mois encore, ma mère me disait que j'avais l'air d'un zombie. Je pense que cette époque est révolue, je prie pour qu'elle le soit vraiment. Je le répète, je reste sur mes gardes, je suis affuté et je connais mon pire ennemi : moi. Mais peu à peu je recommence à m'aimer, et je regagne (lentement) mon estime, bientôt je supporterai mon visage dans un miroir et j'arrêterai d'avoir envie de raconter ma vie au premier venu. Cela dit, je ne sais pas comment je ferai avec mes nouveaux amis et mon éventuel amoureux, au bout d'un moment, je crois qu'il faudra bien que je (me) raconte, comment passer éternellement plus de vingt ans de sa vie sous silence ? Je m'émerveille sans cesse d'avoir à me poser la question du futur, parce que sincèrement, il y a encore quelques semaines, avant le 1er octobre, je n'étais même pas sur d'avoir un autre avenir que celui d'un mort-vivant subissant ses neuroleptiques. Je reprends le volant, je vais soigner ma vue qui baisse, mes dents qui manquent, je vais parachever le "revivant" en chantier que je suis devenu. Il faut simplement que je ne perde pas la fois, et surtout (le plus difficile pour moi) que je reste constant. C'est le challenge du maniaco-dépressif, et c'est là qu'interviennent le sport, le psy et les AA, les relations affectueuses qui vous cadrent et vous (re)construisent un homme. Je tiens le bon bout, je crois. J'ai même retrouvé ma libido hier, elle a ressurgi comme un fantôme oublié qui reprend corps, j'étais tout étonné. Rien à dire (en fait, tant à dire) je vais vraiment mieux, et en cette fin d'après-midi de dimanche, je vous chante le chant de l'être extasié sur ses capacités retrouvées. Quel soulagement que tout ça, il y a encore beaucoup à faire, mais bon sang, c'est possible de s'en sortir, je le souhaite à tous les éclopés de la vie. Il suffit d'être patient et de combattre. Je n'en reviens toujours pas. Allez, j'arrête de m'extasier, une semaine d'activité intense m'attend. Bonne semaine à tous.
16:56 Publié dans Alcool, Humeurs, Psychiatire, Travail | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : rédemption
23 septembre 2008
Sous de meilleurs auspices ...
Un petit coucou linuxien !
Après de multiples essais, j'ai fini par réussir à installer en dual boot Kubuntu (linux) et windows vista !
Linux, c'est plus simple ce qu'on croit avec des distributions comme Ubuntu ou Mandriva même si ça reste perfectible. Mais les distributions évoluent et ca devient de plus en plus f cile à utiliser. Presque tous les logiciels windows ont leur équivalent linuxien, il n »y a que pour les jezux que ça coince. Et je n'ai vu pour l'instant aucun logiciel qui prenne en cha rge le blu ray.
Mais je reviendrai sur Linux plus tard.
J'ai une petite forme mais ça va mieux. Je me suis lavé aujourd'hui, j'ai commencé à nettoyer ma chambre, je crois avoir cerné d'où le problème vient.
Lysanxia. Abus de Lysanxia.
C'est un médicament contre les angoisses et je teends à en avoir une trop grande consommation. Alors je vais restreindre à un ou deux par jour. Comme la posologie l'indique.
Je vais apprendre à gérer mes angoisses autrement que par les médicaments, par le sport par exemple. Depuis le temps que je dois le pratiquer ce sport !
Bon demain je continue mes activités. Le bipolaire doit s'a steindre à une certaine discipline, se forcer, et je n'arriverai à rien si je n'y mets pas du mien.
L'heure de la reprise approche. J'ai huit jours pour me conditionner. Il est largement temps !
05:02 Publié dans Informatique, Psychiatire | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note | Tags : mieux-etre, bipolaire, linux
22 septembre 2008
Calme relatif après la tempête dans mon esprit ...
Après mûre réflexion, j’ai décidé de laissser le texte d’hier qui montre la face la plus sombre des troubles bipolaires : les bas. Aujourd’hui je vais laisser tomber l’ordinateur, me laver, regonfler mon vélo, faire ma lettre, agir. Je ne me sens guère mieux ce matin mais au moins j’ai dormi. Je vais commencer à nettoyer ma chambre. Peut-être qu’en faisant le propre autour de moi et sur moi, ça ira mieux. Mille excuses pour ce texte décousu mais mon esprit était vraiment malade, j’aurais aimé oser téléphoner pour me faire admettre aux urgences psychiatriques. Il y a quelque chose qui déconne. C’est peut-être la solitude qui rend fou,le manque du regard des autres. Si ce n’est que cela, les choses devraient rentrer dans l’ordre avec le travail. Cinq ans de repli qsur soi, ça atteint. Je vous rendrai compte de ma journée ce soir.
Bien à vous.
Jean-Yves.
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21 septembre 2008
Panique totale et solitude extrême
Sale.
Je suis sale.
Ma chambre est sale.
Je ne me suis pas lavé depuis quinze jour. J’ai la paresse. J’ai pas envie. Pas envie d’entendre ruisseler l’eau sur mon gros corps, elle crépite, elle lave l’immonde. A quoi bon laver quelque chose de moche ? Je me dissimule sous des vêtements amples et je ne dors jamais nu. Ce serait obscène.
Puis je suis pa resseux. Très paresseux. Je n’ai pas envie de faire le ménage dans ma chambre. C’est devenu trop crade, je ne sa urais paspa r quoi commencer. Je laisse les fautes. Le clavier ne m’obéit pas. Si être bipolaire c’est avoir des hauts zet des bas, là je suis ezn plein bas. Je ne fais que manger et dormir. Il n’y a que quand je dors que je suis bien. Dès le lever c’est l’angoisse et les médicaments n’y change rien. Je ne suis bon qu’à m’asseoir derrière mon ordinateur et à discuter. J’a i besoin de parler ? Ca fait tellement de temps qu’il n’y a plus personne.
Je ne comprends pa s. Je suis capable d’arrêter de boire, de fumer, de perddre 25 kilos. Et pas de rangzre ma chambre. Ce soir les rtouches ne m’obéissent pas. J’ai la main ga uche paralysée. Les médicaments me font beaucoup de mal. Je ne peux pas m’en passer, c’est pire s ans. Je souffre. Demain je va is essa yer de faire des chses. Regonflr le vélo, m’entra îner pour aller trava iller. Car je devr ais faire le trajet du village à Provins en vélo. Galère. Je suis dans la merde. Je dois a ussi renvoyerun papier à la préfecture. Je vais tâcher de trouver le sommeil. Mas il n’est pas réparateur. Je dors à peine qUElques heures plusieurs fois par jour. Je dois a llumer la chaudiere aussi. Tout me coûte. Je n’ rrive à me décider à rien faire. J’ai du mal à bougzer. Je voudra is me foutre des coups de couteaux dans le ventre si c’est le seul moyen de mourtir. Mais j’ai peur d’avoir mal. Et que ce soit long de mourir. Pourquoi on n’y arrive pas avec les médicaments ? Je ne sais pas si je suis bipolaire, c’est bien possible que si. Je suis da ns le creux de la v ague. Je n’ai envie de rien, pas de film, pas de musique, pas de parlr ou peut-etre si. Trouver un psy valable. Si ça existe. Ça me gratte pa rtout et j’ i un gros ventre. Je n’ rrive pas à frapper les bonnes touches. Vais-je être capable de retravailler ? Il me semble que je ne suis plus bon à rien. Demain j »essaie de faire destrucs. Enfermé depuis cinq ans à lutter contre l’alcool ezt la maladie, pas a idé, sezul seul seul. Comment s’en sortir. J’ai fait des progrès mais cez soir mon cerveau treinque. Les touches ne m’obéissent pas. Le café me dégoûte. Si je pouva is boire et fumer jusqu’à en crever. C’est ça que je voudrais, pa rtir sans avoir mal. Je crois qu’il est trop ta rd pour s’en sortir. Je suis devenu fou. Pourquoi on veut pas m’aider à mourir ? Je crois que c’est ces Lysanxua. Et puis ces neuroleptiqes/ J’ai comme,ncvé a arrêter à me laver dès que j’en ai pris. J’ai commencé à dzevenir crade comme ça. Puis je me suis enfermé. Et à chaque fois que j’essaie de m’en lbérr, c’est la panique totale. J’en squis psychologiqUEMENT DEPENDANT ; je suis sur qu’ils m’ont fourgué des merdes desquelles il fa udrait que je mez libère. J’aimera is retrouver ma propreté et mon allant. Le gout de faire les choses, pas l’immobilisme. Je ne sais plus où j’en suis. Je touche l’enfer. Au secours.
22:59 Publié dans Psychiatire | Lien permanent | Commentaires (3) | Envoyer cette note | Tags : panique, bipolaire, descente aux enfers, dépression, saleté, angoisse, suicide












