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11 octobre 2008
La lumière qui aproche ...
Ça fait longtemps que je n’ai pas donné de nouvelles. Et pour cause, je travaillais. Depuis le 1er octobre. La reprise s’est faite, finalement en douceur. J’ai été accueilli à bras ouverts par mon ancienne chef, ça fait plaisir. Du coup, alors qu’elle me préparait un café, la tension accumulée les derniers jours s’est peu à peu effacée. J’y étais ! Au travail !
On a discuté, elle m’a présenté des personnes des différents services avec lesquels j’allais bosser. Puis direction ma nouvelle affectation : pré-archivage (je n’ai pas encore compris pourquoi on utilise le préfixe pré puisqu’on archive vraiment) où elle m’a présenté mon collègue, c’est presque la première fois que je bosse avec un mec. On a fait le tour des lieux, la grande patronne nous a laissés, et mon collègue a commencé à m’expliquer. Et m’explique depuis dix jours maintenant, et je n’ai pas fini d’apprendre. Il y a du boulot à revendre : classer, déclasser, trier, étiqueter, apporter les dossiers aux services concernés, en reprendre d’autres à reclasser, faire des stats, détruire des documents, répondre aux réquisitions, aux demandes diverses de dossiers, bref, être organisé, réactif, un peu difficile pour moi avec les effets second aires des médicaments qui me ralentissent. Je l’ai expliqué au collègue qui l’a bien compris, mais j’ai quand même intérêt à assurer, mon avenir professionnel en dépend, même si je suis réintégré en tant que titulaire.
Pour me couvrir, j’ai fait une demande de dossier de travailleur handicapé. Je tente le coup. Après tout, je suis réellement handicapé par mon traitement et je ne peux pas donner ma pleine mesure. On verra bien ce que ça donnera. J’ai divisé mon traitement par deux et pour l’instant, tout va bien, pas de changement notable ni dans un sens ni dans l’autre. Il faut du temps pour que je ressente les changements.
En tous cas, j’ai retissé du lien social, retrouvé des anciennes collègues, discuté. De gêné que j’étais au début et voyons que personne ne se formalisait de mon manque de dents, je suis devenu plus à l’aise. J’ai juste des difficultés avec les nouvelles personnes, à me rappeler leurs visages, qui elles sont, mais je suppose que ça va venir, avec le temps. C’est une tare que j’ai, je mémorise difficilement les visages, il me faut voir une personne plusieurs fois avant de la resituer. Très chiant.
Je me suis rendu compte que je devais faire voir mes yeux, car je suis devenu très miraud ; ma vue a considérablement baissé. J’ai ma main gauche que je ne sens plus trop, ça me pose des problèmes pour taper au clavier, j’accumule les fautes de frappe, mes doigts sont gourds, ça sent peut-être l’opération du canal carpien. Plus un autre problème de santé si peu élégant à dire que je m’abstiendrai de le détailler.
Sinon, j’ai des problèmes de transport. De ma ville de résidence à ma ville de travail ça va, il y a un bus toutes les demi heures en journée. Mais du village à Provins, c’est le désert total, à part un bus scolaire le matin qui me fait rater une fois sur deux le Provins-Melun qui arrive avant neuf heures. Dans la moitié des cas j’arrive à neuf heures quinze et je suis en infraction. Quant au soir, il n’y a rien, à part le taxi, le vélo ou mes pieds. J’ai jusqu’ici pris le taxi mais ca coûte trop cher. 13 euros à chaque fois. Donc lundi ce sera à pied que j’irai du village à la ville, matin et soir. Une heure quinze de marche aller, une heure quinze de marche retour. C’est réalisable. Le vélo, c’est pas la peine, on va me le voler. Donc la suite du chemin de ma rédemption se fera à pied. J’assume, je suis prêt. Maman m’a acheté un blouson jaune fluo réfléchissant pour qu’on me voie dans la nuit, c’est quand même plus sur. J’expérimente ça cette semaine. On verra dans quel état je serai vendredi soir. Mais je me suis découvert des trésors d’énergie. Plus tard, dans un ou deux mois, ça va être l’appartement à Melun. Tournant décisif de mon existence.
En tous cas, je vais mieux, je me dépense, je me réintègre. Le moral est au beau fixe. Je dors la nuit, je vis le jour, j’ai inversé totalement la machine. En dix jours, j’ai plus progressé qu’en dix mois.
Hier, j’ai fêté mes quatorze mois d’abstinence. Lundi 13, je célébrerai ma première année sans clope. Et je reprends le régime. Tout ça aurait été impossible il y a deux ans.
Le bout du tunnel s’approche. Je vois la lumière. Moi, athée, je me surprends à prier Dieu pour que ça continue dans cette voie. Je ferai tout pour.
15:17 Publié dans Travail | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : travail, psychiatrie, alcoolisme













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