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16 avril 2008
Y a des jours où ça va pas !
Ouh là, je suis dans une mauvaise phase, tout va mal.
Mon état général d'abord : je suis flippé, en colère, agressif (intérieurement), j'ai envie de fumer, j'ai envie de manger gras et sucré et d'ailleurs j'ai fait une foule d'entorses à mon régime.
Pourtant, il n'y a plus qu'un mois à supporter ce gros con.
Hier, il est arrivé quelque chose.
J'ai été réveillé par ma mère à huit heures du matin. Le vieux s'était cassé la gueule en allant à sa chambre. Donc évidemment, à moi de le relever au lieu de le laisser croupir dans son ivresse, ce qui lui donnerait une bonne leçon. Mais non il faut prendre soin de son petit chéri de mari dont elle veut divorcer depuis quarante ans et nous rebat les oreilles avec ça.
J'essaie de relever le vieux, en le prenant sous les bras. Une enclume.
- Laisse-moi comme ça, me touche pas !
La voix a claqué, sèche, forte, grave, pleine de violence et de haine. Je n'insiste pas.
Direction le téléphone où me mère appelle le 15. Pour une fois, elle ne me demande pas de le faire. Elle explique, on attend des ambulanciers qui vont venir le relever.
- Oh puis tu peux remonter dormir ! Je me débrouillerai seule.
Sa voix mauvaise. Je ne bouge pas.
- Oh puis je ne t'ai pas remercié pour les fleurs que tu m'as offertes hier pour mon anniversaire.
Sa voix s'est radoucie. Elle me prend les mains. Elle commence aussi à me prendre la tête aussi avec ses sautes d'humeur.
Les ambulanciers arrivent. Vont voir le vieux. Discutent avec. Elle va avec eux, moi je reste dans mon fauteuil. Je sais comment les choses vont se passer. Ils vont lui proposer de l'emmener à l'hôpital, l'autre tonnera d'une voix agressive qu'il ne veut pas aller à l'hôpital. Ils insisteront. Il refusera en devenant de plus en plus agressif.
L'un des ambulanciers revient.
- Il ne veut pas aller à l'hôpital. On va le ramener dans son fauteuil.
Je soupire et je remonte dans ma chambre. Je sais qu'il est inutile d'appeler le 15, on ne peut pas emmener quelqu'un contre son plein gré.
J'entends les ambulanciers discuter avec ma mère dehors, appeler le médecin, discuter encore avec ma mère mais je ne perçois pas ce qu'ils disent.
Je finis par m'endormir.
Au réveil, à midi, le vieux est toujours là, ses yeux de fous dans le vide, portant mécaniquement son verre de vin à sa bouche, allumant sa cloper, ne mangeant rien. Il a refusé ses médicaments. Comme d'habitude. Je le perçois du coin de l'œil, j'enregistre le spectacle dans l'indifférence. Ma mère me remet une lettre qui m'est destinée. Au dos elle a griffonné quelques mots. "Ils m'ont dit de les rappeler la prochaine fois qu'il tombe, cette fois ils l'emmèneront de force". Ouais, j'y crois très fort. On va se coltiner le vieux pendant des années, avec ses monologues où il raconte sa vie à n'importe qui, toujours les mêmes choses, ses crachats de fumeur, sa puanteur parce qu'il refuse qu'on le lave, sa bêtise monstrueuse, son agressivité, sa colère, sa déprime, son refus de tout, son désintérêt de tout, sa nouvelle manie de se branler à travers son pantalon même quand quelqu'un est là. Beau spectacle, non ?
Mais j'ai appris le pompon de l'histoire en pleine nuit quand je me suis relevé pisser et que ma mère était là. Le vieux était parti se coucher pour une fois. Il file droit quand il y a la menace de l'hôpital qui plane au dessus de lui.
- Le pire, me dit ma mère, c'est qu'ils m'ont proposé de l'emmener de force en psychiatrie. Et comme une conne j'a dit non.
Je ne me souviens plus de ma réaction : je crois que la première a été l'envie de lui flanquer une baffe. Et une autre baffe, quand elle ajoute :
- Tu n'étais pas là, alors je n'ai pas trop su quoi répondre …
Je remonte, la violence et la rage au ventre, malade, dégoûté, écœuré. Non seulement elle n'a pas été foutue d'accepter l'internement en psychiatrie du vieux con, mais en plus elle essaie de me culpabiliser. Vieille conne !
Je ne vais pas dormir de la nuit, me sentant mal de partout, l'apaisement viendra à trois heures du matin, quand la maison sera silencieuse et les parents couchés. Au petit matin, j'aurais retrouvé un peu de sérénité.
Le docteur est passé à midi; il n'a même pas prescrit de médicaments à mon géniteur puisque celui-ci ne les prend pas. "Vous avez raté le coche, a-t-il dit à ma mère qui lui racontait l'histoire d'hier. Je ne prescris rien, juste une prise de sang. Laissez-le crever. C'est ce qu'il veut."
Qu'il veuille crever ? C'est ce qu'il prétend. Je l'aiderais bien à coups de couteau dans le ventre mais je foutrais ma vie en l'air. Prison. L'horreur. Pas question de l'achever même si je rève de le dépecer, de le réduire en cendres jusqu'à ce qu'il n'en reste plus rien. Mais non, j'ai une vie à reconstruire.
Nous sommes le 16 avril, je reprends le 16 mai, et je vous avoue que je ne sais même pas si je vais revenir les week-ends chez les parents. J'ai envie de faire ce que mon frère a fait : couper les ponts avec cette famille de tarés. Dont je fais partie et dont il fait partie, ne lui en déplaise.
Moi je vais continuer à me soigner. Je suis un malade mental mais je me sens plus sain que ces deux vieux mariés qui jouent encore à je t'aime moi non plus.
Je pardonnerai à me mère parce que je l'aime. Je reviendrai sûrement le week-end parce qu'elle aura besoin que je l'aide à faire certains trucs qu'elle ne peut plus faire (l'autre ne fait plus rien). Et puis égoïstement, j'ai envie de faire de l'ordinateur, de tenir mon blog à jour et de me confier à cet ami inconnu que vous représentez pour moi.
Déjà, d'avoir écrit ces mots, ça a été une libération et un baume sur mes maux. Faisons dans le facile : les mots apaisent les maux. Il me manque un confident. Heureusement que je vais voir mon psy jeudi. Bientôt la libération, et certainement d'autres problèmes qui vont ressurgir. Mais j'assumerai. C'est un peu plus apaisé que je vous quitte. Demain la suite, parce qu'il s'est passé ces derniers jours deux autres évènements désagréables. Période pas géniale … mais ce n'est qu'une période !
21:46 Publié dans Humeurs | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note | Tags : humeurs, blog, journal intime












Commentaires
Courage !
Ecrit par : Anonyme | 16 avril 2008
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