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10 janvier 2008

Cinq mois sans boire

932e6e285bbceb050134cd2c9ed9d6a5.jpgNous sommes le 10, je n'ai rien bu depuis le 10 aout, cela fait donc 5 mois d'abstinence. J'ai beau dire que je ne compte pas, j'égrène quand mêle les mois en espérant arriver au douzième qui sera ma première victoire, celle que je vise depuis trois ans. Je trébuche toujours avant les douze mois, et là j'espère que je vais aller jusqu'au bout, parce que ce  premier "record" tarde à arriver et les années passent. J'ai bon espoir, cette fois, car mon congé longue maladie est normalement repoussé de trois mois, ce qui donne une reprise le 16 mai, donc avec plus de 9 mois d'abstinence. Reste à assurer à Paris, où libre et à nouveau bénéficiaire d'un salaire entier, je risque d'être soumis à de multiples tentations. Dans la base même où je suis hébergé, ils servent des bières dont les militaires sont très friands. (Les civils aussi). C'est par ces bières que j'avais replongé en 2002 dans un alcoolisme toujours aussi échevelé qui m'a amené en 2003 à cette période complètement délirante où j'ai été placé en congé longue durée. Donc l'enjeu est de taille car en fait, plus je replongerai, même sur une période courte, plus dramatiques seront les effets, plus destructeurs aussi. L'alcool est une maladie qui va en s'aggravant et quand on a touché un certain fond, on ne peut vraiment plus se permettre de reboire sous peine de grande catastrophe. Ce serait un grand drame si je me mettais à reboire et manquer le boulot. Je dois donc être très vigilant et j'ai peur d'avance. Mais j'ai par avance fourbi mes armes, réunions aux AA dès que possible, et Lysanxia qui m'enlève les angoisses qui me font boire. L'autre situation dangereuse, c'est l'excès de bien-être qui me donne envie de boire, mais je doute qu'en étant hébergé sur la base dans des conditions spartiates, je touche au bien-être total. Ce qu'il y a aussi, c'est la compagnie des autres qui boivent de l'alcool devant toi, là, il faut être fort pour résister et j'espère que j'aurais cette force. Cela dit, je n'ai plus d'amis nulle part donc le problème s'annule de lui-même. Mais si je m'en refais, il faudra penser à réclamer une boisson sans alcool dès le début et ne pas hésiter. Force et détermination. On peut partager sans partager les degrés d'alcool. Les soirées entre amis, les bars gays, tout ça, je ne me sens pas encore assez fort pour assumer. Je crois qu'il faudra que je me trouve un parrain aux Alcooliques Anonymes qui m'emmène dans ces lieux et me montre l'exemple, me soutienne. Seul, j'ai peur de ne pas pouvoir résister. Arrêter de boire dans une maison, dans un cocon où le seul alcool disponible est la vinasse infâme du géniteur, c'est très faisable, c'est même très facile. C'est un peu comme si je vivais dans un monde où l'alcool n'existait pas. Pas de commerce qui en vend à moins de six kilomètres à pied, pas de sous pour en acheter, je suis en quelque sorte obligé de ne pas boire. A dire la vérité, je n'éprouve aucune envie de boire mais … je fais fréquemment des rêves d'alcool, alors peut-être que l'envie n'est pas si loin … C'est très désagréable de penser à ça. Je crois que quand le temps va se réchauffer un peu, je vais aller en ville (à pied) me balader et aller dans les troquets, boire un café … sans clope, puisque j'ai arrêté et puisque c'est interdit. D'ailleurs, pourquoi ne font-ils pas les mêmes efforts pour empêcher les gens de boire trop ? C'est vrai que la biture express, ça reste le sport favori des jeunes dans les soirées, au point que certains finissent à l'hôpital. J'ai vu un reportage là-dessus. Ça reste socialisant chez les gens de boire un coup … pourquoi pas ? Mais combien d'alcooliques qui s'ignorent en réalité ? Et ce slogan hypocrite : pour votre santé, attention à l'abus d'alcool. La France est championne de cette méthode de prévention : "Fumer tue" "Pour ta santé, évite de manger trop gras, trop salé, trop sucré" … Je serais curieux de connaitre l'impact qu'ont ces slogans de prévention sur la population !

Bref, j'ai arrêté de fumer et de boire et ce n'est pas du à ces slogans dérisoires. Donc tenir le coup dans les deux domaines. Et reprendre dès que possible les autres combats honteusement délaissés en fin d'année, la marche à pied et le régime. Dur de tout faire en même temps ! Beaucoup de privations pour peu de plaisir, si ce n'est la satisfaction de voir ses efforts récompensés et de se dire "je peux le faire, j'y arrive, je suis un champion".

Ben le champion il faut qu'il apprenne à gérer ses crises d'hyperphagie et qu'il aille se promener au moins une demi-heure par jour. C'est pas si difficile, dit comme ça. Mais l'hyperphagie comme la boulimie sont des crises incontrôlables d'envie de bouffe. C'est spectaculaire ce qu'on peut ingurgiter quand cette sorte de faim, ce creux, ce vide à combler vous saisit. Il faut absolument que je me documente sur le sujet, il doit bien y avoir un traitement, des thérapies. Je ne peux pas laisser saborder mon régime par ces accès de bouffe ! A moins que ce soit du simplement à la privation de nicotine, à moins que ce soit du AUSSSI à la privation de Nicotine, ainsi qu'au manque de rythme de vie régulier : je dis ça parce que je n'ai pas envie de manger ce matin, alors que j'ai dormi pour une fois la nuit ! Je vais finir par trouver et mener à bien ce régime. Hors de question de rester gros comme ça. L'obésité ne me va pas du tout, va-t-elle bien à quelqu'un d'ailleurs ? Je suis toujours sceptique en regardant les émissions où des filles très très rondes clament leur bien-être. Moi ça ne me va pas du tout et l'image que le miroir me renvoie me fait horreur. Reprendre dès que possible le régime, donc, et apprendre à faire sans ces aliments gras et sucrés, qui tendent à combler un manque que je n'arrive pas à définir. Affectif ? Peut-être bien. Mais aussi un manque d'occupation, de bon rythme de vie, de ses à ma vie … A creuser !

Toujours est-il que j'ai passé cinq mois sans boire et que je me porte comme un charme. Rendez-vous donc au sixième mois, à mi-chemin du premier record recherché.

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REUNIONS AUDIO ALCOOLIQUES ANONYMES SUR INTERNET

Le groupe Internet VIVRE SANS ALCOOL des Alcooliques Anonymes (BSG N.Y. #677502) tient des reunions OUVERTES PARLEES en francais. Notre but premier est de demeurer abstinents et d'aider d'autres alcooliques à le devenir. Nous offrons aussi, en continu, des diffusions de litteratures AA comme le Gros Livre, Les 12 Étapes et les 12 Traditions des Alcooliques Anonymes. Bienvenue !

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Ecrit par : philippe v. | 02 avril 2008

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