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30 novembre 2007

La malédiction des 3 heures

[02:44:59] <Nutello> 23h35-02h35 =

[02:45:09] <Nutello> 3 heures mais c'est fou !

[02:46:06] <Bertrand> obsédé sexuel

[02:46:40] <Nutello> je dors par tranche de trois heures

[02:47:34] <Nutello> [23:35:39] <Nutello> bonne nuit tous !

[02:47:49] <Nutello> [02:35:45] * NutelloDODO change son pseudo pour Nutello

[02:47:49] <Nutello> [02:35:50] <Nutello> huhuhuhuhu

[02:48:37] <Nutello> il faut que je brise cette malédiction

Extrait d'un dialogue IRC (Nutello c'est mon pseudo sur IRC) où je me rends définitivement compte que je dors par tranches de 3 heures.

Mais pourquoi ? Est-ce mon corps qui réclame plus de nicotine à ce moment-là ? Impossible, avant je dormais mes 8 heures par nuit sans apport de nicotine. Est-ce le port du patch qui me réveille ? Je l'ai déjà retiré et je n'ai constaté aucun changement. Après demain, je passe au Nicorette 16h 15mg, je verrai bien s'il y a une modification en ce qui concerne le sommeil. Je suis naze, fatigué, et je n'arrive pas à me rendormir. L'attrait d'Internet peut-être. Je me rendormirai vers 7 heures, pour une nouvelle séance de 3 heures, peut-être plus, et je ne suis pas sûr de me réveiller en forme.

Le Théralène ne sert strictement à rien, pris à dose normale ou massive. Je vois mon médecin généraliste, cet après-midi, pour me faire prescrire un patch et être remboursé, je lui toucherai deux mots de ces parcelles de sommeil pas réparateur du tout. Peut-être un Stilnox ou un Imovane feraient-ils l'affaire ? Mais je crois que ce sont des médicaments pour l'endormissement. Or, je m'endors aussi facilement que je me réveille ! Enfin sauf qu'après le réveil suite aux trois heures de sommeil, je ne peux plus me rendormir. Quelle chiotte !

Sinon le reste va bien, je ne supporte pas grand-chose, tout m'énerve, mais je poursuis mes objectifs. J'ai eu mes trois jours de fringale, on dirait que là ça se calme; j'espère parce que je ne veux pas reprendre le poids perdu. Manquerait plus que ça comme dirait Sandrine Kiberlain. Enfin, je suis quasiment sur que lundi, j'aurais repris quelques centaines de grammes au lieu de passer sous la barre des cent kilos. Qu'est-ce qui m'arrive ? La peur de la réussite ? Un nouvel épisode bipolaire ? Mon psy n'a pas été très clair sur le sujet, c'est la première entrevue qui ne me satisfait pas. Enfin, selon lui, tout devrait se réguler, souhaitons-le !

Bon, je vous laisse sur cette note de geignasse de 05:13 du matin, en espérant vous retrouver de manière plus joyeuse. J'ai reçu ma tondeuse à barbe, bientôt le banc d'essai et une tite chronique sur une série que je n'ai pas encore choisie. A la prochaine !

29 novembre 2007

Bof Bof Bof !

Deux jours sans écrire, c'est toujours suspect chez moi, alors que j'alimentais mon blog plusieurs fois par jour.

Chose rassurante, je n'ai ni replongé dans l'alcool, ni dans la cigarette. Je maintiens mes objectifs avec ténacité.

Seul craquage, la bouffe : il y a un soir où j'ai fait une mini crise de boulimie, me jetant sur le pain d'épices et les pains au chocolat. Je crois que je ne me serais pas arrêté si je n'étais pas monté dans ma chambre pour m'allonger jusqu'à ce que l'envie me passe.

Ce même jour, j'ai beaucoup consommé de Nicopass aussi, car j'avais une envie de fumer terrible. Il est bizarre qu'elle intervienne un mois et demi après avoir arrêté. Cette addiction à la nicotine est particulièrement forte, c'est une drogue puissante qui ne vous lâche pas comme ça.

Toujours ce même jour, je suis passé par plusieurs phases : énervement, déprime, stress. C'était vraiment une sale journée, ce mardi, où je ne croyais plus en grand-chose et où j'avais perdu la foi.

La veille, au soir, j'avais déjà eu des pensées négatives : je me demandais s'il était utile de combattre alors qu'un accès de déprime pouvait me tomber dessus à tout moment, entraînant les excès habituels : abandon de l'hygiène, paresse, bouffe à outrance, consommation de cigarettes peut-être même. Bref, j'ai vécu quelques heures de découragement.

Hier, j'ai vu mon psy et lui ai fait part de ces changements d'humeurs et de ces pensées négatives, de ce découragement : selon lui, il s'agit d'une phase normale, que j'allais avoir des crises comme ça mais qui s'aplaniront au fil du temps. Pour lui je suis toujours en rémission. Et il est aussi fort possible que la restriction en nicotine et en nourriture y soit pour quelque chose. Et il m'a vivement encouragé à sortir en ville et participer à des activités, parce que vivre dans ce milieu fermé, parfois plus prison que cocon, ne me faisait pas forcément du bien, bien au contraire. Je n'étais pas satisfait de la séance, trop courte, et j'étais déçu qu'il ne change pas mes médicaments. Il m'a refait une prescription avec les mêmes. Soit. C'est peut-être ce qui me convient le mieux. Je lui ai demandé de ne pas me prescrire de Théralène qui est totalement inefficace.

Je vois mon médecin demain après-midi pour lui demander une prescription de patch nicotinique, pour me le faire rembourser par la sécu, puisqu'on y a droit à hauteur de 50 euros par an. J'en profiterai pour lui parler de mes problèmes de sommeil, peut-être aura-t-il autre chose à me prescrire ou peut-être n'est-ce la conséquence que de la privation de nicotine et qu'aucun médicament n'y peut rien. Je verrai. Je pense que j'en fais sûrement trop à la fois sans recevoir de réelle satisfaction en échange. Le poids baisse peu.

Je ne suis pas spécialement en forme alors que je vous écris, mais je crois que c'est en train de revenir. Ce temps dégueulasse n'arrange rien, la faible luminosité me déprime. Mais bon, courage, les choses vont rentrer dans l'ordre et je serai à nouveau d'attaque pour mener de front mes 5 combats. A bientôt pour de nouvelles nouvelles.

26 novembre 2007

Serait-ce possible ?

Je ne voudrais pas trop m'avancer mais :
Hier, je m'endors de 20h à 23h38.
Puis je replonge de 2h à 6h30.
Puis je repique une sieste de 13h à 15h57.
Ne seais-je pas en train de retrouver le sommeil ?

 

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Une lettre de M. Nicopatch !

Bonjour Jean-Yves,

Cela fait plus de deux semaines que nous n'avons pas parlé de poids. Où en êtes-vous de ce côté-là ? Avez-vous pris du poids, et combien ? Qu'avez-vous changé dans votre alimentation pour économiser 200 à 300 calories ? Ou bien avez-vous augmenté d'autant vos dépenses caloriques en faisant du sport ? Une meilleure hygiène de vie passe par un équilibre des deux : réduire légèrement les quantités de ce que l'on mange, manger mieux, plus sain (moins gras, moins sucré) et bouger plus.
Mais il est parfois difficile de changer tant d'habitudes en même temps. Si vous avez pris plus de trois kilos, n'attendez pas que la prise de poids devienne un problème rédhibitoire. Faites-vous aider, parlez-en à votre médecin ou à votre pharmacien. Ne restez pas seul.
Courage et à bientôt !

 

MAIS OUI JE SURVEILE MON POIDS MONSIEUR NICOPATCH ! J'AI MEME PERDU 600 GRAMMES ! OUI JE SAIS C'EST PAS BEAUCOUP MAIS FAUT DEJA DEPENSER COMME VOUS DITES SI BIEN LES 200-300 CALORIES QU'ON CESSE DE BRULER EN ARRETANT DE FUMER. MAIS POURQUOI ILS VEULENT TOUS QUE JE NE GROSSISSE PAS ? JE MAIGRIS MOI MOSSIEUR !!!!!!! 

Une lettre de M. Nicorette

 



Vous avez arrêté de fumer depuis 44 jours, FELICITATIONS !

Bonjour Jean-Yves,

Ne compensez pas le manque de tabac par des pâtisseries ou diverses sucreries. Depuis que vous avez arrêté la cigarette, votre appétit a changé, vous vous en êtes peut-être aperçu. Si vous êtes affamé(e) en fin de matinée, c’est que votre petit déjeuner n’est pas assez complet. N’hésitez pas à bien manger le matin en équilibrant les apports énergétiques. A onze heures, vous pouvez faire une petite pause avec un jus de fruit ou un fruit frais. Pour éviter les fringales, faites bien trois repas par jour. Au besoin, prenez un goûter léger mais surtout évitez les grignotages et préférez les grands verres d’eau. Profitez d’avoir retrouvé votre goût et votre odorat pour tester de nouveaux plats, de nouvelles saveurs. Faites-vous plaisir…en quantité raisonnable !
Faites également du sport.
Si vous réussissez à arrêter de fumer, vous réussirez à surveiller votre poids.



Courage et tenez bon !

 

L’équipe Nicorette ®

 Eh bien je fais déjà tout ça, Monsieur Nicorette, mais merci quand même pour vos conseils et vos félicitations ! Demain, je fête mon mois et demi. Ca avance, lentement mais surement !!!

 

100,3 !

d73630fb78d7cc53c90e3c264d8ce656.jpglundi 26 novembre 2007, 06h23

100,3 kilos.

600 grammes de perdus.

J'ai mieux dormi;  je viens de me lever.

La semaine prochaine, si tout se passe bien, je passe sous la barre symbolique des 100 kilos.

Et je ne fume toujours pas.

Bon début de semaine !

25 novembre 2007

Ta gueule, Maman !

4c8ef5222f0100bcd740e3652de750b9.jpgCouché à 5 heures, réveillé à 7h30 par un mauvais rêve où je m'en prenais à ma mère, en lui disant qu'elle me faisait chier depuis longtemps et que je ne voulais plus rester avec elle. Il faut dire qu'elle m'avait tiré hors de ma chambre alors que je regardais un porno hyper réussi correspondant à tous mes fantasmes. Je descends dans la grande cuisine, où il y a mon frère, mon père, mais pas ma sœur. Il fallait que je roule des clopes pour mon père, mais les paquets de feuilles à rouler zig-zag bleu étaient toutes mouillées et donc impossibles à utiliser.

- Fais-le ! commande ma mère qui avait les cheveux mystérieusement longs et mal coiffés.

- Je n'y arriverai pas ! Et puis tu me fais chier ! Je n'ai plus envie de vivre avec toi, tu m'énerves trop !

- Ah bon ? Je croyais qu'on s'entendait bien tous les deux…

Air surpris et peiné de ma mère, mon frère tente de faire diversion.

- Je peux le faire moi, si vous voulez, je sais rouler à la main !

- Non pas toi Cyril, dit ma mère, ce n'est pas ton travail, c'est le travail de Jean-Yves.

- Il a que 13 ans, Cyril, intervient mon père.

- Mais qu'est-ce que tu racontes Papa ! Tonnai-je, tu dis n'importe quoi, il a 37 ans ! Oh et puis vous me faites tous chier, je remonte dans ma chambre.

Je verrouille la serrure de ma chambre et je déballe un nouveau porno. Il a au moins six épaisseurs d'emballage avant qu'on tombe sur le DVD. Je le mets dans le lecteur. Les premières images sont vraiment excitantes, en plus c'est soigneusement réalisé comme un film classique. J'adore, je bande.

On frappe à la porte.

- Jean-Yves, au boulot ! dit la voix de ma mère.

- Ta gueule, ferme ta gueule une bonne fois pour toutes !

Je me réveille de ce rêve avec une sensation de mal-être et une érection du tonnerre. Je suis ravi que ce n'aie été qu'un rêve, la réalité est quand même assez différente. Je songe à mater les deux nouveaux pornos sur mon ordinateur, puis je préfère lire les messages en mail et en forum. Je descends pisser, salue ma mère, ignore mon père, pisse, discute un peu avec Maman, retourne prendre mon café et faire de l'ordinateur. J'ai découvert un nouveau forum de régime.

- Jean-Yves ! crie ma mère d'en bas, tu peux venir m'aider ? Il y a un truc que je n'arrive pas à faire toute seule.

- Oui bien sûr Maman, j'arrive !

Il s'agissait de l'aider à transvaser le cubi de 10 litres de vin de mon père, aux trois quarts vide, dans une bouteille de 1 litre. Elle a tenu la bouteille en plastique pendant que je penchais le cubi en avant pour faire sortir le vin nauséabond qui coulait lentement dans l'entonnoir.

- Voilà Maman, c'est fait.

- Merci mon cadet.

- Pendant que je suis levé, je vais te mettre tes gouttes dans les yeux.

- Bonne idée, tiens.

Je lui ai mis ses gouttes, puis je suis remonté faire mon activité préférée, le Net. Maman ne me demandera rien avant onze heures et encore, si elle croit que je dors, elle ne m'appellera pas, se débrouillera toute seule. Me réveillera si vraiment elle a besoin de mon assistance. Et je descendrai.

Ça ne se passe pas si mal, c'est très vivable, parfois un peu chiant, alors pourquoi ce rêve si violent ?

Je suis un puzzle démonté !

Une nuit d'insomnie cette fois. J'ai dormi de 21 h à minuit. Eternelles trois heures. Je n'ai qu'à attendre que ça passe.

J'ai eu beaucoup faim et beaucoup envie de nicotine aujourd'hui. J'ai mangé des pommes et intensifié la prise de mes Nicopass. Tout semble revenu à la normale cette nuit, même si la faim me taraude encore un peu. Il y a des jours plus difficiles que d'autres. J'ai toujours peur que ma motivation s'émousse et que je finisse par renoncer. J'ai tellement l'impression d'être deux, un qui veut me tirer vers le haut, l'autre me pousser vers le bas. Forme de schizophrénie ?

Pour l'instant, je tiens le coup, j'ai la motivation … mais à la moindre alerte, au moindre relâchement important, je remue ciel et terre, psy et blog, pour retrouver ma motivation première. Là l'enjeu est très important, il s'agit de ma vie à remonter.

Mon psy trouve que je fais des progrès. C'est vrai que je suis plein de projets et d'allant, mais il me manque encore de l'énergie pour tout mener à bien. Je reste sur les cinq combats de ma précédente note, je n'en rajoute pas. C'est suffisant. Ils sont tous importants mais la clé de voute de tout, c'est la psychothérapie. Elle me booste, elle m'équilibre, elle me donne des indications pour une vie meilleure. Je m'occupe beaucoup de moi ces derniers temps mais c'est vital, tant pis si je suis moins ouverts aux autres, ça reviendra après.

J'ai vraiment la sexualité au niveau moins que zéro et je ne pense pas à l'amour. Trop tôt, en espérant qu'il ne soit pas trop tard. Dans 9 mois-un an, je serai plus à même de me reconsacrer aux relations sociales. Pour l'instant, je mène un combat contre moi, contre le monstre que je suis devenu, je rénove mon dehors, mon dedans. J'ai de l'aide extérieure, je parle aux gens qui viennent à la maison, mais je ne suis pas encore prêt pour des relations profondes. Trop fragile. Pour la relation amoureuse je serai très prudent, fini de m'enflammer comme une torche à la moindre rencontre qui se passe bien. Je prendrai le temps, je serai circonspect. Du moins j'espère, parce que comment réagit-on lorsqu'on regoûte à l'amour après une quinzaine d'années de renoncement ? Je n'ai pas la réponse, je verrai bien, je crois bien que je ferai mieux de recommencer par m'envoyer en l'air. Mais ça ne me dit pas plus que ça, il faut dire que les médicaments me coupent toute envie sexuelle.

On verra, chaque problème trouvera sa solution : la reprise du travail, la quête d'un appartement, la reconquête affective, les sorties, les occupations … c'est un grand puzzle que je réassemble, toutes ces parties de moi éparpillées et perdues, je dois les reconstituer pour obtenir un tout cohérent.

Alors, il faut continuer, pièce après pièce, lentement mais sûrement.a32161767d032b3349ae00edd5042e35.jpg

24 novembre 2007

5 combats, 5 préceptes pour une nouvelle vie !

1) Ne plus boire

2) Ne plus fumer

3) Perdre du poids et avoir une alimentation équilibrée

4) Faire du sport (marche, vélo, muscu)

5) Suivre ma psychothérapie et bien prendre mes médicaments

 

Voilà, classés aléatoirement, les cinq combats que je mène actuellement et que je compte mener à vie. Je parle encore de combats, parce que certains nécessitent de faire des efforts pour y parvenir.

Je vais les examiner un par un et les commenter.

 

- Ne plus boire

Je suis alcoolique, c'est une maladie à vie dont on ne se guérit pas. Par contre, on peut devenir un alcoolique abstinent, stabilisé. C'est mon plus ancien combat après le régime. Je l'ai débuté en 99 et c'est au bout de ces 8 ans que je peux envisager de me rétablir, d'être définitivement abstinent. J'ai cerné les deux cas de figure qui me font boire : un trop grand stress ou un trop grand bien-être. J'ai des médicaments contre le stress. Pour le bien-être, ce sera à moi de me raisonner, d'être volontaire, de rester simplement bien dans ma peau sans chercher à optimiser mon bonheur en me saoulant. Me rappeler que seules les premières heures d'alcool sont géniales, après je deviens paresseux, sale, affreux, incohérent, dépensier, irresponsable et j'en passe. L'alcool me transforme en monstre, à l'intérieur et à l'extérieur. L'alcool m'a fait perdre mon appartement plusieurs fois, la dernière fois, j'y ai laissé mes meubles, ma dignité et l'estime de moi-même. Trois choses qu'il va être difficile de récupérer. L'alcool est mon pire ennemi qui se cache au début sous les traits d'un ami qui me veut du bien. Il est partout, il est autorisé, il est apprécié pour ses vertus gustatives et socialisantes, mais pas de moi. Je déteste le goût de l'alcool, l'odeur du vin, l'aigreur du whisky, et je ne peux plus sentir le parfum du pastis. Pourtant, j'ai récemment (il y a trois mois) replongé. C'est une histoire d'attraction et de répulsion. Heureusement, la répulsion devient de plus en plus grande. Je déteste les gens saouls. Ils sont comme un miroir de mon passé encore récent. Je n'ai depuis ces trois mois, après ma rechute si obscène, plus la moindre envie de boire. Du vin traîne à la maison (mon père boit) et je n'ai aucune envie de toucher à ce jus fermenté écœurant. Il est écœurant comme la personne que je deviens quand je bois. Chaque rechute est de plus en plus brève et de plus en plus monstrueuse. J'ai l'impression d'en avoir fini avec l'alcool. Mais je reste vigilant. J'en parlerai à mon psy et je participerai à des réunions d'anciens buveurs. J'ai des tas de choses à dire sur l'alcool, je pourrais, peut-être un jour, en faire un livre, une diatribe contre l'alcool, tellement je le déteste. Je suis même très extrémiste, je trouve (parfois) qu'il ne devrait plus être en vente libre, surtout aux jeunes. Et cette phrase "à consommer avec modération", je la trouve stupide car des tas de gens ne savent pas, ne peuvent pas, ne veulent pas, consommer avec modération. Je veux continuer à ne plus penser à lui, comme je le fais en ce moment, mais je sais aussi que c'est parce que je suis focalisé sur mes autres combats. Un jour, l'envie se manifestera, j'en suis sûr, elle se terre, cachée en moi; il suffit que je sois seul, chez moi, à faire une activité plaisante pour que parfois, j'en ai envie. Si je suis sur Paris, j'irai aux réunions des AA et je me choisirai un parrain. Il faut avoir quelqu'un à appeler en cas d'envie, un ami à même de comprendre, les AA eux-mêmes, ou écrire sur son blog ou sur les forums ATOUTE. Il faut absolument court-circuiter l'envie et ce dès qu'elle se manifeste. Ce n'est pas toujours évident, mais on apprend à le faire. Arrêter de boire m'est extrêmement facile et j'ai déjà tenu dix mois. C'est ne pas replonger qui est difficile, et je suis en train de développer toute une stratégie pour ça. Appeler à l'aide, mais aussi aller m'acheter quelque chose qui me fait plaisir avec l'argent destiné à la bouteille de whisky et de pastis (40 euros). Je n'ose pas trop le dire, parce que j'en ai déjà été persuadé, mais j'ai l'impression que cette rechute était la dernière. Mais je reste sur mes gardes, c'est peut-être une impression trompeuse. Je verrai quand je vivrai seul à nouveau. J'ai cet impression-là aussi, qu'il attend ce moment pour m'attaquer. Mais les années m'ont appris à me battre et je compte bien être le vainqueur.

 

- Ne plus fumer.

C'est un combat que je mène à peu près en même temps que celui de l'alcool. J'éprouve deux sentiments contradictoires vis-à-vis de la cigarette : j'adore (ou plutôt j'adorais) fumer, surtout en prenant mon café le matin. Un vrai rituel agréable, plaisant, et ce poison qui vous apaise la tête après huit heures de manque. L'autre sentiment, c'est le dégoût : à la vue d'un cendrier plein, à sentir l'odeur qu'on traîne avec soi et surtout que les autres véhiculent avec eux. Le tabac froid ça pue.

Mais autre chose : fumer rend vraiment accro, bien plus que la drogue que j'ai essayée (jamais aimé ça) et bien plus que l'alcool. Les symptômes de manque de nicotine sont épouvantables, pourtant pas douloureux quoique … ce vide en soi, ce petit monstre tapi au fond de soi qui réclame sa dose de nicotine (hommage à Allen Carr) de manière quasi permanente, avec des accès d'envie violente où l'on peut en venir à chercher les mégots dans sa poubelle pour pouvoir fumer ce qui reste … la nicotine rend accro, mais je me demande aussi si les agents de saveur et de texture (un truc comme ça) n'en rajoutent pas en plus. Et ce geste de fumer, ce geste qui fut tant social et apprécié, sexy au cinéma (les vamps hollywoodiennes et leur porte cigarette, le cow-boy viril de Marlboro et sa clope au bec …) Il fut un temps où ça faisait bien de fumer. Ce temps est bien révolu (sauf chez les jeunots et les femmes apparemment, si on en croit les statistiques). Maintenant le fumeur est l'ennemi, le coupable. Vous avez remarqué dans les films américains et dans les séries (c'est le méchant qui fume) sauf pour Carrie Bradshaw dans Sex and the city. Fumer tue et on s'en fout de lire ça sur les paquets brillants qu'on achète pour mieux aller s'intoxiquer. Mais fumer tue les autres ou les rend malades, et ça c'est un argument imparable pour avoir envie d'arrêter de fumer. On intoxique les autres qui n'ont rien demandé. On est coupable, et aucun argument sur la liberté individuelle de fumer ne tient la route face à ça.

J'ai arrêté pour ne plus intoxiquer ma mère qui est bien assez malade comme ça pour ne pas en rajouter. J'ai arrêté parce que c'est elle qui me payait mes clopes (300 euros par mois que j'estimais lui voler) et que je la ruinais. J'ai arrêté parce qu'en 2008 on ne pourra plus fumer nulle part ou presque. Il restera la rue ou chez soi. J'ai arrêté parce que la somme dépensée par mois se rapproche du prix d'un loyer d'un deux pièces dans ma ville. J'ai arrêté parce que je commençais à tousser et que je m'étais toujours promis d'arrêter à ce moment-là. Je n'ai pas arrêté par peur du cancer, je n'y pense pas. Mais j'ai quand même arrêté parce que j'ai envie de vivre longtemps. Cette chienne de vie m'en a fait voir des vertes et des pas mures, mais j'y tiens, j'ai envie de vivre, j'ai peur de la mort, et j'ai surtout peur de mourir en ce moment parce que si je mourrais là, à ce moment précis, j'aurais vécu une vie de raté. Et je veux finir par la réussir ma vie.

C'est tout nouveau, ça date de 42 jours, mais j'ai bon espoir cette fois. J'ai tout mon attirail pour me désintoxiquer en douceur, j'ai ma détermination et l'expérience de mes dix premiers arrêts. Là aussi j'ai pris des mesures pour ne pas recommencer. J'en ai déjà parlé. Mais je sais que les rechutes de ce type sont encore plus fréquentes, plus imprévisibles que celles de l'alcool. L'ennemi va être long à combattre et je n'en suis qu'au tout début. Mais je crois là aussi que je tiens l'Arrêt Définitif. Sous toutes réserves, bien sûr, je ne le saurais qu'à la fin de ma vie.

 

- perdre du poids et avoir une alimentation équilibrée.

Mon plus vieux combat. Si je ne fais rien, si je ne me contrôle pas, je suis gros. D'abord je grossis facilement. Et ensuite, j'ai une inclination certaine pour les choses grasses et sucrées que je mange en grande quantité. Je l'ai déjà écrit dix fois au moins : ces choses grasses et sucrées sont réconfortantes, elles consolent, elles déstressent, elles font plaisir. J'aime manger.

J'ai déjà fait des tas de régimes et je le raconte ici donc je ne vais pas faire dans la redite. Cette fois-ci est différente, car cette fois-ci je pense à me stabiliser et à modifier définitivement mon alimentation. Finies les pizzas à outrance (deux calzone à la fois, en 2005) mangées en entier, finis les pots de 750 grammes de Nutella avalés en une soirée, à la cuiller (2007), terminé les quatre tubes de lait concentré sucré délicieusement tétés en quelques heures, voire une heure (2005). Fini tout ça. Place à des portions raisonnables, manger de tout mais en quantité raisonnable. Un quart de pizza, un carré de chocolat, une tranche de pain d'épice, une coupelle de glace et pas le pot entier … au milieu de tout ça, place de choix aux viandes maigres, poissons, légumes variés, yaourts (un à a fois), fruits (je redécouvre la pomme) … ce seront les aliments privilégiés pendant ma période de régime qui durera sûrement de huit à dix mois. Peut-être plus. Je continuerai ensuite, en réintroduisant doucement les féculents, et mes péchés mignons, de temps à autre, à dose normale. Je surveillerai mon poids sur une balance. Et pas n'importe quoi comme balance, une balance impédancemètre, qui, en plus du poids mesure la masse graisseuse et la masse d'eau en envoyant un courant électrique (non dangereux) à travers le corps. Je veux perdre de la graisse, mais pas de muscle, pas de l'eau, juste de la graisse. Et c'est ce qui nous amène au point suivant :

 

- faire du sport.

Je n'ai jamais été fan de sport, je faisais tout pour sécher les cours de gym; ce que je détestais surtout ce sont les sports collectifs et les sports de vitesse. Par contre, l'endurance, ça me plaisait. Et j'ai découvert au fil des années le plaisir de marcher, de faire du vélo, de pousser sur des poids et haltères.

J'ai pratiqué ces sports à des moments précis de ma vie, puis un changement de mode d'existence m'a amené à les abandonner. La paresse a joué son rôle là aussi. Si je me laisse aller à mes penchants naturels, je ne fais rien, je mange, je bois, je fume et j'écris. Je ne veux rien garder de tout ça sauf écrire.

Il y a quelques jours, je me suis remis à la marche, et j'ai redécouvert ses vertus déstressantes, épanouissantes, j'ai renoué avec cette saine fatigue d'une marche d'une heure ou plus. Et dorénavant j'y vais tous les jours, une demi-heure au moins. C'est mon premier pas vers la pratique régulière d'un sport. Je compte même m'équiper de chaussures de marche et marcher jusqu'à ma ville, à 6-7 kilomètres de chez moi, par des chemins détournés et tranquilles. Je profite de ne pas travailler pour me consacrer une ou deux heures à la marche. Quand je retravaillerai, j'éviterai de prendre le métro pour marcher à pied jusqu'à mon point de destination. C'est moins rapide, moins cher, plus agréable. Redécouvrir Paris et ses rues, son ciel, que de plaisirs en perspectives ! La marche, c'est adopté et adapté à mon surpoids actuel.

Après, le printemps venant et souhaitant être allégé de 10-15 kilos, je ferai réparer mon vélo et je cheminerai par monts et par vaux. La région est belle et ce serait dommage de s'en priver. J'ai beaucoup pratiqué le vélo en 95 et je compte remettre ça. Si je suis à Paris, j'emprunterai un vélib mais la circulation me fait un peu peur !

Il m'a été soufflé l'idée (et j'ai adhéré) de me remettre à la muscu dès les 80 kilos atteints. Ce n'est pas une mauvaise idée. En 95 là aussi, j'ai beaucoup pratiqué et me suis développé le poitrail. Pour le reste, ça n'a guère gonflé, j'aurais surement fourni un meilleur travail en salle avec un prof qui me conseille. J'ai trouvé une salle dans ma ville, où l'ambiance est saine et familiale. Pour 400 euros par an, je m'y inscrirais bien. Et là encore, si je dois bosser et vivre sur Paris, j'essaierai de trouver une petite salle sympa et pas une usine à forme où ça drague dans le sauna.

Je parle beaucoup de 95. Ça a été une année charnière où réfugié chez mes parents, j'étais au RMI et je préparais des concours administratifs. J'en ai profité pour faire du sport et un régime, mais pas arrêter de fumer. J'ai obtenu mon concours, j'ai travaillé à Meaux, eu mon appartement et là j'ai laissé tomber sport et alimentation ! Le boulot occupe pas mal de temps. Et seul, j'ai tendance à me laisser aller.

Comme quoi l'histoire se répète, je n'ai eu de cesse que de tout perdre, apparte et boulot pour finir par me réfugier chez mes parents pour remonter la pente. Et reglisser vers le bas, une fois tout seul. Donc, cette fois j'apprends de mes erreurs, et après avoir passé 17 ans de ma vie à chuter et remonter, j'ai décidé de comprendre le pourquoi de ces montagnes russes et j'ai donc entrepris une psychothérapie pour démonter le mécanisme, casser la malédiction. Donc, dernier et important combat :

 

- Suivre ma psychothérapie et bien prendre mes médicaments.

J'en ai parlé beaucoup dans mes dernières notes, avoir été diagnostiqué bipolaire explique ma vie en dents de scie, périodes d'abattement où je plonge dans la boisson et son enchaînements de catastrophes (ne plus aller au travail, ne plus rien payer, perdre l'appartement voire le boulot, me retrouver chez les parents) et périodes d'activité intense où je repasse des concours, retrouve du travail, l'appartement, la vie normale et sans alcool … jusqu'à temps que se réenclenche la déprime et c'est reparti pour la chute. Une chute de plus en plus grave à chaque fois et des remontées de plus en plus difficiles. Là, après 2005 où j'ai perdu appartement et meubles, la remontée est très longue et très ardue. J'ai un long travail de psychothérapie à faire, pour réussir à m'équilibrer et stopper ces périodes de dépression et d'hypomanie, tâcher de me maintenir dans un état constant. Je perçois déjà certains remèdes comme retrouver une vie sociale (que j'ai perdue en 95 et jamais retrouvée depuis), des activités hors du boulot, faire des sorties, surtout ne pas m'enfermer. Je ne sais pas comment va se passer le travail avec mon psy, si on remontera le temps pour retrouver l'élément déclencheur, si on travaillera sur l'équilibrage des périodes déprime/hypomanie. Je ne sais qu'une chose, j'ai perdu beaucoup de temps, d'argent, de jeunesse, d'amitiés et d'amour en passant mon temps à flanquer par terre tout ce que j'avais entrepris. Il est temps de s'en prendre à la racine du mal, de le circonscrire, et c'est en ça que les 5 combats que je mène vont m'aider. Cette fois-ci, je ne veux plus faillir, je n'ai plu le temps ni l'énergie, je tire mes dernières cartouches et elles sont rutilantes de volonté et d'obstination.

Ce blog est et restera le journal intime de mon évolution, de mes avancées et de mes faux pas, car parfois je faillis. Mais au final, j'avance et j'ambitionne d'être un mec … bien … dans sa tête, sa peau, son corps, son cœur, son âme …

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23 novembre 2007

Craquage sucré !

c1967caca3e4ecac2c389f0d380f916d.jpgBon ! Ce soir j'ai mal terminé la soirée ! Comme j'avais mangé hyper tard, (pas faim avant quinze heures) ... je me dis à 20 heures : tiens je ne vais manger que deux pommes et deux yaourts 0%. Je m'exécute. Je remonte dans ma chambre; Une heure après, j'ai encore à nouveau faim ! Je redescends, je me fais une tranche de cabillaud et des courgettes (un restant) puis je reprends un yaourt 0% à 57 calories (environ).
1 minute après, j'ai encore faim !
Alors pris d'une folie furieuse, l'estomac beant, j'ouvre la porte du placard, j'attrappe le paquet jaune, je me saisis des trois dernières fines tranches de pain d'épice ET JE LES MANGE COMME UN GLOUTON !
Dans la foulée, mon estomac réclame encore, et j'ai envie de finir les 3 pains au chocolat qui trônent dans leur paquet brillant sur la table, je sens que je vais les BOUFFER !!!! Mais, réflexe de survie, je me resssaisis, j'attrappe une pomme au passage et je remonte vite fait dans ma chambre !
Ouf, j'ai évité le pire, malgré quelques excès. Les pains au chocolat, c'est 250 calories le specimen et j'étais prêt à me baffrer les trois !
Ca y est, la faim est enfin calmée, ouf.

Il me semble que la sensation de satiété intervient (chez moi) 15-20 minutes après avoir fini de manger. Parfois, pendant ce laps de temps, je me goinfre de trucs gras et réconfortants (heureusement de moins en moins souvent).

De plus, j'ai voulu drastiquement réduire ma consommation de Nicopass ® et je crois que c'est un peu trop tôt pour le faire. J'ai encore un peu moins de deux mois pour diminuer mes prises de pastilles. Les Nicopass me coupent la faim, j'aurais du courir en sucer une avant de me jeter sur le pain d'épices.

Demain je fais 2-3 heures de marche, je reprends mes repas à heure fixe et je prends mes 8 pastilles dans la journée !

Qu'il est long le chemin vers la minceur !

Qu'il est parsemé d'embûches !

Qu'il était bon ce pain d'épices !

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