« Amour toujours | Page d'accueil | Quand elle regarde en bas ! »
27 octobre 2007
Trois ans à l'abandon.

Les effets secondaires "non souhaités et/ou gênants" sont assez nombreux pour que j'en dresse une petite liste.
1) Prise de poids. A partir du moment où j'ai commencé les neuroleptiques (2003), j'ai pris trente kilos en quelques semaines. Il faut dire que ce genre de médicaments donne faim et que j'y suis allé franco sur les CALZONE commandées et mangées par deux, quand ce n'était pas une période NUTELLA par pots de 750 grammes, ou encore cinq tubes de lait concentré sucrés. Je mangeais, mangeais, mangeais. Et aussi, parfois, en bonus, je buvais, buvais, buvais – et pas de l'eau.
2) Somnolence, ou/et endormissement. J'ai cessé d'être productif à partir de ce moment-là pour passer mon temps à dormir et faire des siestes. Je passais bien 12 à 16 heures par jour à dormir et j'utilisais mon temps éveillé pour manger et faire de l'Internet !
3) Paresse, laisser-aller. Au bout du troisième jour du traitement, je me suis rendu compte d'un seul coup que je ne m'étais pas lavé, douché, rasé depuis tout ce temps. Le ménage n'avait pas été fait. Je n'avais fait que manger, dormir et faire de l'ordinateur. Rien d'autre. Pire, je n'avais pas envie de m'entretenir et d'entretenir le studio. Je m'en foutais.
4) Manque total de libido. J'avais mes érections du matin, mais c'était tout. Je notai un manque total d'intérêt pour le sexe, comme si je n'étais plus concerné. Comme les trois points précédents n'inspiraient pas l'amour, je cessai de chercher pour passer mes journées seul, enfermé et reclus, avec pour seul ouverture sur le monde l'Internet et la télé.
Je ne sortais que pour faire mes courses, bouffe grasse, sucrée et alcool, dont je me goinfrais aussitôt rentré. Je sortais pas rasé, pas lavé, pas changé et j'espérais au fond de moi que quelqu'un m'en ferait la remarque … mais à Paris, on pourrait bien sortir à poil que tout le monde s'en foutrait. C'est ainsi que j'ai pu sortir une fois tous les deux jours, affreux, sale et puant, sans que personne au monde ne s'en inquiète, même pas moi.
Il y a eu des vagues, des périodes où je me ressaisissais, retrouvais l'hygiène, rangeais et nettoyais l'appartement, renouais avec un semblant de dignité. Mais ces périodes duraient deux semaines au mieux, je finissais par replonger, ça commençait par l'alcool et ça s'enchaînait ensuite. Je n'avais plus rien d'humain, j'étais une sorte de créature préhistorique branchée sur le numérique. Ma face monstrueuse reprenait possession de moi. Je n'avais plus de dignité, plus d'estime de moi; je ne vivais que parce que j'avais peur de me tuer.
A vrai dire, je pense que les médicaments ne sont pas seuls en cause : leurs effets secondaires sont indéniable, mais augmenté, décuplé par la prise massive d'alcool et sans doute, je le sais aujourd'hui, je vivais des épisodes de dépression profonde où je manquais totalement d'intérêt pour tout et surtout pour moi.
Aujourd'hui, les effets secondaires se sont bien atténués, je mène des combats, je retrouve l'hygiène, je retrousse ma chambre, je maigris, je redeviens estimable. Il reste encore beaucoup à faire, mais je vais vers le mieux, vers le digne. Ça a commencé avec le psy. J'ai besoin d'un regard extérieur pour prendre soin de moi. Les parents ne comptent pas, ma mère m'aime sans condition et mon père n'en a rien à faire. Le salut passera aussi par le regard des autres auquel je m'étais soustrait en vivant en reclus. Ça sera une thérapie supplémentaire. La complète solitude de 2003 à 2005 avait fait de moi un monstre répugnant. Maintenant je redeviens un humain comme les autres, avec la seul différence que j'ai tout à reconstruire. Surtout moi.
06:05 Publié dans Alcool, Humeurs, Psychiatire | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : médicaments, alcool, psychiatrie, abandon, déchéance, solitude













Ecrire un commentaire