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18 septembre 2007

Anti-sportif

Un matin de 1976, au printemps je crois.

Il est sept heures, je suis dans mon lit, à peine réveillé et j’angoissé déjà parce ce que c’est le jour de l’EPS, l’éducation physique et sportive. Je redoute toujours ces deux heures de cours car je suis une nullité en sport : je ne sais pas monter à la corde, je ne sais pas courir vite, je n’ai toujours pas compris les règles du foot, le sport que je déteste entre tous. Je suis toujours choisi en dernier lors du tirage des équipes et le seul but que j’ai marqué, c’était contre mon camp. Je suis un cas désespéré !

Et aujourd’hui, c’est foot. Je n’ai pas envie d’y aller, pas envie de subir les vexations des camarades de classe, pas envie de recevoir le ballon en pleine poire, pas envie, pas du tout.

Je décide de simuler un mal de ventre pour échapper au moins un jour à mon funeste destin.

-          Tu as fort mal ? me demande ma mère, inquiète.

-          Oui, c’est douloureux là et là. (Je montre au hasard).

-          Je vais appeler le docteur. Repose-toi, tu n’iras pas à l’école aujourd’hui.

Je pousse intérieurement un ouf de soulagement.

Le médecin arrive deux heures plus tard. C’est le Docteur Charmier, je suis en confiance avec lui.

-          Alors, on a des petites douleurs ?

-          Oui, au ventre.

-          Je vais t’examiner. Je vais te palper et tu me diras où tu as mal.

Il appuie sur mon ventre, et je réponds oui et non au hasard, faisant une grimace là où c’est censé faire mal.

-          Je vois, dit le docteur Charmier. (Il baisse ma chemise de pyjama, puis se tourne vers ma mère qui était restée à côté) C’est une appendicite, il va falloir l’hospitaliser.

Je déglutis intérieurement. Je suis allé trop loin, et voilà que je vais subir une opération dont je n’ai pas besoin. Le docteur dit que c’est une affaire de quinze jours et je pense aux séances d’EPS que je vais rater. Après tout, ça vaut le coup !

Je me laisse embarquer dans l’ambulance, je me laisse installer dans une chambre blanche où d’aimables infirmières s’occupent de moi. Le chirurgien passe quelques heures plus tard, m’examine, hoche la tête. Demain je me fais opérer. Je me dis qu’après tout, j’avais peut-être l’appendicite.

Le lendemain, je me laisse pousser sur un brancard dans un état second et délicieusement cotonneux. Je n’ai pas peur des lumières blanches au dessus de ma tête, ni du bruit métallique des instruments tranchants qu’on prépare. Je respire docilement sous le masque qu’on pose sur mon visage, puis le néant, puis le réveil dans ma chambre d’hôpital, avec deux infirmières autour de moi.

Je n’ai jamais vraiment sur le fin mot de l’histoire. J’ai été pouponné pendant dix jours par des infirmières dont la gentillesse était extrême. Je n’en ai jamais rencontré de pareilles depuis. J’ai même pleuré lorsque je suis rentré à la maison, je m’ennuyais d’elles, elles m’avaient tellemet materné.

Si je me souviens bien, j’ai eu quinze jours supplémentaires d’arrêt , pas d’école et surtout pas d’EPS ! Le bonheur !

Mais un truc restait intrigant. La taille de la couture sur mon bas ventre. Elle mesurait au bas mot dix centimètres alors que ceux que je connaissais qui avaient été opéré de l’appendicite n’avaient qu’une petite cicatrice de deux centimètres. Le chirurgien était-il un charcutier ou avait-il eu du mal à trouver l’appendicite ? Je ne saurai jamais.

Toujours est-il que pour ne pas aller en sport, j’ai subi une opération dont je n’avais sans doute pas besoin !

Je hais toujours autant le sport, à part le vélo et la musculation. Je déteste particulièrement les sports d’équipe et vous ne me ferez jamais regarder un match de quoi que ce soit, à part ceux de tennis quand il y a Mauresmo, Hénin, Nadal et Federer. Mais le reste, que dalle. Moins sportif que moi, ça n’existe pas. Mais j’assume, je suis né sans le chromosome du sport et je pense que je mourrai comme ça. Enfin non, je peux marcher des heures, c’est déjà un peu un sport ça non ?

Commentaires

Bonjour Jean-Yves,

Merci pour cette anecdote dont je retiens le côté cocasse et drôle. En tout cas, je n'ai pu m'empêcher de sourire en vous lisant. J'espère que vous ne m'en voudrez pas. Bonne journée et à bientôt de vos nouvelles !

Thierry

Ecrit par : thierry | 19 septembre 2007

Bonjour
j'adore tes histoires j'ai vraiment ri surtout pour celle là mdrrrrrr j'ai jamais entendu ça ! des docteurs incapablent mais bon appendicite en a t on vraiment besoin ? ça ta permis de plus faire de sport c'etait toujours ça de gagné.
Merci de m'avoir fait rire a bientot

Ecrit par : Noisette | 20 septembre 2007

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