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15 mai 2007

Jérémiades ...

Je voudrais geindre.

Mon père ces derniers temps, m’a causé quelques difficultés. Torché jusqu’aux yeux, il s’est écroulé par terre tout en se pétant l’arcade sourcilière, pissant le sang sur le sol de la cuisine. Appel des pompiers pour qu’ils le relèvent, puis l’emmènent à l’hôpital se faire recoudre. Ce fut toute une entreprise parce qu’il refusait d’aller à l’hôpital, or ils ne peuvent forcer quelqu’un à se faire soigner. Rentrée du père le lendemain, accompagné de deux infirmiers. Il s’est écroulé dans le fauteuil, vraisemblablement atteint à la hanche où il s’est fait opérer (et poser une prothèse). Le personnel de l’hôpital n’a vraisemblablement pas jugé utile de radiographier sa hanche, l’ayant surtout considéré comme alcoolisé à outrance. Mais je sais qu’il a du minimiser tout parce qu’il voulait rentrer pour boire …
Quelques jours après, en rentrant d’être allé voir ma mère à la maison de repos, on le retrouve affalé sur le sol, s’étant fait dessus. On tente sans succès de le relever, on réussit à l’asseoir, appel aux pompiers qui arrivent et le remettent sur sa chaise tant bien que mal. Ils lui proposent de l’emmener à l’hôpital pour vérifier sa hanche, refus catégorique du père, abandon des pompiers qui repartent comme ils étaient venus. Quelques heures plus tard, le père m’appelle. Il s’est fait dessus. Je l’emmène aux toilettes, j’en suis pour éponger ses débordements à même le sol, l’envie de vomir me retournant l’estomac. Je le change tant bien que mal, et j’éprouve une forte envie de boire pour oublier tout ça.
Je redescends le déambulateur qui va lui servir, lui permettre d’aller aux toilettes sans se répandre partout. Ouf ! Il faut juste que je vienne le relever des toilettes à chaque fois.
Ça me prend pas mal de temps, tout ça, et je me demande ce que je vais faire de mes parents qui sont de plus en plus dépendants. Je dois retravailler en août, c’est absolument nécessaire, je dois faire le nécessaire pour que quelqu’un s’occupe d’eux. Une auxiliaire de vie, ça sert à ça, non ?
Je geins. Dur de gérer tout ça alors que j’ai fort à faire avec mes propres souffrances. Les deux autres enfants de la famille sont bien tranquilles dans leur vie, je trouve injuste d’être le seul à trinquer. En tous cas, comme d’habitude, ça va mieux en le disant, un blog c’est comme un confident. Je vais tâcher d’assurer au mieux, peut-être que le fait de m’occuper de mes parents me permettrait d’avoir plus vite ma mutation dans le coin ? Ça serait une bonne chose, je pourrais concilier travail et devoir familial.
Sinon, moi ça va, je continue mon abstinence, reprends mon régime, envisage l’arrêt de la clope. J’ai un garçon à rencontrer prochainement, je continue mon chemin vers le mieux. Si je croyais en Dieu, je dirais qu’il m’impose des épreuves supplémentaires …

 

Ah, je sais une chose aussi : je ne veux pas ressembler à mon père, or j'ai les mêmes dépendances, alcool cigarette ... dont je dois m'affranchir pour ne pas finir avec un emphysème, cloué à mon siège par une alcoolisation massive et permanente.Il m'offre (m'impose) le spectacle de ce que je deviendrai si je ne vainc pas mes addictions, c'est une motivation supplémentaire. 

Commentaires

Je te souhaite bon courage. Tiens bon ! Ce que tu écris est dur mais quelle personnalité ! C'est loin d'être des jérémiades... Merci aussi (c'est moins important) pour les idées de musique et de films.

Ecrit par : Un lecteur de passage | 20 mai 2007

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