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18 février 2007
Un dimanche en 2009
Un dimanche à Paris.
11 heures. J'ouvre les yeux. Je regarde l'heure et je me dis que j'ai encore veillé trop tard à discuter sur le Net jusqu'à 4 heures du matin. Vite, je me lève, je prépare le café et je cours me brosser les dents. Puis je reviens vérifier l'état des téléchargements. J'ai fini de downloader trois séries, un logiciel et deux albums. Cool. Je décompresse le dernier Zazie puis je le grave, tout en buvant mon premier café du matin. Je sors la galette chaude que je glisse dans le lecteur CD de ma chaîne Yamaha. Je bats la mesure au rythme de la musique.
Je prends ma douche et je retrousse l'appartement un peu en bordel comme à chaque week-end. Le téléphone sonne. Bastien veut passer me voir dans l'après-midi pour qu'on aille au Virgin puis au Gay Tea Dance. Je suis partant, toujours en quête d'un partenaire pour longtemps et pas découragé, ça va bien finir par m'arriver.
Evidemment, j'ai faim très vite. Je choisis un pavé de rumsteck et des haricots verts. Je poêle la viande et je fais cuire les légumes tout en lorgnant la télé du coin de l'œil. Elle est presque toujours allumée, en fond, c'est une habitude. Je m'attable dans la kitchenette et je mange avec appétit, la journée va un peu s'animer dans quelques heures. Je finis par un yaourt et je dépose dans l'évier la vaisselle sale que je ferai ce soir. Nouveau lavage de dents et choix des vêtements pour l'après-midi. Je sélectionne ma chemise bleue qui va avec mes yeux et un pantalon à grandes poches avec les bretelles qui tombe négligemment dessus. Je me demande si c'est bien raisonnable de m'habiller comme un jeune alors que j'ai quarante-cinq ans. Puis je décrète que je m'en fous, je ne suis pas prêt pour le costume cravate.
14 heures. On sonne. J'ouvre à Bastien qui fait claquer sur mes joues quatre bises sonores. Il est enjoué, il a passé la nuit en boîte et a le numéro de téléphone d'un mec prometteur. On prend un café et on discute de choses et d'autres. On visionne le premier épisode de la quatrième saison de Heroes, tout juste livré de la nuit. C'est encore prometteur, ils savent se renouveler. Encore un café, un petit joint, et on part direction les Champs-Zé pour aller flâner dans les rayons du Virgin. J'y achète deux livres dont le dernier tome des Chroniques de San Francisco qui manquait à ma collection. On bave devant les derniers modèles géants d'écrans OLED haute définition puis on se dirige pour prendre le métro pour le FOLIE'S PIGALLE.
18 heures.
Je me déhanche sur la piste. Le plaisir de danser ne m'a jamais quitté. J'écarquille les yeux vers deux ou trois beaux gosses remarquables au milieu de la foule. Puis je profite d'une chanson que je n'aime pas pour me diriger vers le bar. Je commande un coca zéro, toujours attentif à ma ligne que j'ai eu tant de mal à retrouver en 2007.
Alors que je sirote ma boisson, je sens un regard posé sur moi. J'avise un mec de la trentaine, un grand brun mal rasé et je me dis que j'ai de la chance, c'est le genre que j'aime et il s'intéresse à moi. Je trinque dans sa direction en souriant. Il me répond et fond vers moi. Deux minutes après, on trinque et on fait connaissance. Il s'appelle Stéphane, a 34 ans et vit dans le 92, il vient parfois ici mais il vit mal les rencontres épisodiques inhérentes à ce genre de lieu de rencontre. J'acquiesce et je dis qu'on ne peut jamais deviner sur quelle genre de relations va déboucher cette rencontre. On échange encore quelques points de vue puis on va danser. Je ne le perds pas des yeux, il bouge bien et je le trouve de plus en plus séduisant.
19 heures 30, dans un bar classique, tel que Stéphane les affectionne. Il semble rebuté par le milieu et je ne peux que le comprendre, j'entretiens avec le ghetto un mélange d'attirance et de répulsion qui ne m'a pas quitté depuis vingt-cinq ans. J'ai laissé Bastien en grande conversation avec un blond et j'ai filé avec Stéphane vers d'autres aventures.
22 heures 45.
Je rentre chez moi, le numéro de Stéphane en poche. Il veut prendre son temps et je ne peux qu'apprécier une telle attitude, moi qui trouve que tout va trop vite chez les homos, séduction, amour et désamour qui se succèdent à une cadence effrénée. Je rentre son numéro de téléphone dans mon portable et mon fixe pour être sur de ne pas le perdre. J'ai son adresse MSN et j'hésite à la rajouter, je trouve que parfois le Net pourrit un peu les relations humaines. J'aviserai demain.
Je fais ma vaisselle. Nous sommes allés au restaurant et c'était un moment délicieux, on a plein de choses à se dire et il n'y a pas eu un silence entre nous. Je pense malgré moi à lui et j'éprouve cet enthousiasme toujours renouvelé pour la vie quand se présente une nouvelle rencontre prometteuse. Je m'installe sur le canapé pour regarder les programmes de Canal Jimmy et alors que je suis avec passion une nouvelle série, mon portable bippe. Un SMS. De Stéphane. "J'ai adoré te rencontrer, j'ai hâte de poursuivre. A bientôt. Bisous. Steph." Je souris et je compose ma réponse, tout en réfléchissant à quoi dire, pour ne pas ruer dans les brancards comme j'ai l'habitude de le faire. Je lui propose un rendez-vous mardi soir, j'ai des places pour une nouvelle pièce de théâtre et je serais ravi qu'il m'y accompagne.
Minuit trente.
J'ai un peu comaté devant la télé, préparé mes fringues pour demain (enfin tout à l'heure) et je vais me coucher. Je récapitule ma journée ou Stéphane tient le rôle de la vedette. Je m'endors en souriant, apaisé. Parfois j'ai l'impression que la vie est à moi.
18:15 Publié dans Humeurs | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note | Tags : blog gay, homosexualité, homosexuel, gay













Commentaires
C'est un bel exercice que de pouvoir se projeter comme ça et tout en te lisant, je me disais que j'allais t'emprunter ton idée.... Et puis finalement non, parce que pour écrire comme cela, il faut être en mesure de savoir ce que l'on veut.... Ce qui ne semble pas être mon cas en ce moment mais bon je ne vais pas m'épencher plus ici....
Quoiqu'il en soit, j'ai apprécié te lire et je souhaite que ce dimanche en 2009 se déroule tel que tu l'imagines....
:-)
Ecrit par : c0tine | 19 février 2007
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