10 mai 2008

9 mois d'abstinence

Bon les chiffres du matin !

93,9 kilos.

18,1 kilos de perdus depuis le début du régime. 

9 mois d'abstinence !

Voilà, ça fait 9 mois que je ne bois plus. Je suis en passe de battre mon record d'abstinence. La dernière fois, j'avais échoué au bout de 9 mois et quelques jours. J'avais donc remis les compteurs à zéro le 10 août et c'était reparti pour le combat contre un de mes problèmes majeurs : l'alcoolisme.

Cette fois, je compte bien atteindre le douzième mois et fêter ma première année sans boire.

Ce qui me fait peur, c'est que je suis sur le point de retravailler, que je vais me retrouver libre de mes mouvements, et peut-être soumis à la tentation. J'ai peur que mon nouveau travail me stresse et m'angoisse, et d'être tenté par la sensation apaisante de l'alcool. Apaisante au début, puisque quelques heures après, c'est la chute libre et le grand n'importe quoi. Je ne peux pas me permettre de replonger. Ce qui est rassurant, c'est que j'ai des médicaments contre l'angoisse efficaces qui me dispenseront, j'espère, de prendre le premier verre qui entraînes les suivants. Cercle infernal et vicelard de cette putain de boisson.

Actuellement, je n'ai aucune envie de boire. Je suis dans le cocon familial que constitue ma mère. Protégé. Le rôle de mon père, à part de nous gâcher la vie, est de donner l'exemple à ne pas suivre. Il boit comme un trou et est encore tombé par terre hier. Il a fallu le relever. C'est bougrement difficile de bouger une masse inerte et presque inconsciente. Tout à l'heure, il va falloir le changer car il a chié dans sa couche. Il devient incontinent et pathétique, tout ça uniquement à cause de l'alcool. Son existence même devrait me dissuader de boire. Je veux avant tout ne pas lui ressembler.

Mais l'appel de l'alcool est parfois si fort qu'il supplante toutes les bonnes raisons et les bonnes résolutions. C'est ce qui me fait peur chez moi. Je crois que je fais bien d'entretenir cette peur, je dois me surveiller en permanence. M'avoir à l'œil. Prendre autant de Lysanxia que nécessaire pour enrayer le stress et l'angoisse, les fameux déclencheurs de mon alcoolisation.

Donc ces 9 mois ont été faciles. Le reste sera plus dur, alors que je vais me replonger au cœur de la vie, de son bruit et de sa fureur, de ses multiples tentations. Mais je compte bien tenir le coup. J'irai autant que possible aux réunions AA et je relirai "Vivre Sobre" et "Un dernier pour la route".

Il faut que je me fasse confiance tout en restant vigilant. Je n'ai pas bu jour après jour, je peux continuer. Je reprends le boulot dans de meilleures conditions que les deux fois précédentes, où j'ai fini par quitter le boulot trop stressant pour aller me réfugier dans un hôtel et boire mes litres de whisky en espérant la mort. Là je continue le chemin jusqu'au bout. J'ai demandé un changement de poste et si je n'arrive pas à m'acquitter de ma tâche, le pire qui pourra m'arriver est de ne pas être titularisé et réintégré dans mon emploi précédent. C'est tout. Je ne vais pas finir sous les ponts.

Certes, il va falloir que je gère l'hébergement dans une caserne du 78, en attendant de trouver un appartement. Ça, ça va prendre du temps. Je suis forcément fiché au service logement du ministère, n'ayant pas payé de nombreux loyers. Je vais devoir me débrouiller par moi-même, trouver quelqu'un qui se porte caution, et avant tout économiser pour avoir de quoi payer le mois de caution, le loyer en cours et les frais d'agence. Pour la personne qui se porte caution, ça va être la plus grande difficulté. Qui peut me faire confiance après mes multiples retombées dans l'enfer de l'alcool ? Personne. Je suis dans l'impasse. J'aviserai. Je compte sur un peu de chance.

Mais quoiqu'il en soit, malgré les difficultés qui m'attendent, je sais que je suis à nouveau sur les rails de la vie et que j'ai de grandes chances de réussir. Je garde espoir et enthousiasme. J'ai un peu peur mais j'ai hâte aussi. Depuis le 28 août 2007, quand le diagnostic des troubles bipolaire a été posé, j'ai fait des progrès fulgurants. Je dois continuer. Aller de l'avant. Regagner ma liberté et mon indépendance.

13 avril 2008

Mes abstinences, mes défis, mes victoires ...

Ce dimanche 13 avril 2008, à 17 heures, je fête mes six mois d'arrêt du tabac. Six mois, plus de 180 jours que je n'ai plus touché une clope. Il me semble (mais qu'en sera-t-il à long terme ?) que j'en ai fini avec cet objet oblong qui se consume, libérant des volutes toxiques pour l'organisme. Une flopée de composants chimiques qui vous pourrissent la santé jusqu'à une éventuelle mort, une agonie cancéreuse, je vous en passe et des meilleures (enfin des pires).

Mais :

Je n'en ai pas fini avec la nicotine, qui selon les sites spécialisés n'est pas nocive en soi mais est une substance addictive, une drogue dure de laquelle il est difficile de décrocher. Ma méthadone à moi ce sont les Nicopass, les N. J'en fais toujours une consommation bien trop massive, deux par heure, parfois une toutes les deux heures quand je suis moins en manque.

Manque réel ou psychologique ? Les deux je pense. J'ai substitué le N. à la clope et je me suis enfermé dans ce mode de consommation. Il va y avoir une deuxième partie à ma défume, le divorce d'avec la nicotine. Pour l'instant, je ne suis pas prêt. Trop de poids à perdre et les N. ont sur moi un effet coupe-faim indéniable. Comme la clope. Mais c'est dans mes projets. Parce que, l'air de rien, à 23 euros le paquet de 96 qui me fait au plus une semaine, au moins quelques jours, ça coute de l'argent et ça annule l'une de mes motivations premières pour arrêter la cibiche : l'économie de sous.

Donc on va s'atteler à ce dernier combat, ce souvenir persistant de la cigarette qui tient au corps : la manque, le vide quand vous n'avez pas votre dose. Et le geste (on n'aspire plus on suce) qui rythme vos heures et votre journée. Le cérémonial de la première clope-pastille du matin, eh oui … il y a du travail à faire !

On n'y arrivera.

Autre chose, le 10 de ce mois d'avril a marqué mon huitième mois d'abstinence d'alcool. Là il n'y a pas de problème. Pour l'instant. J'aurai 9 mois d'abstinence quand je reprendrai le boulot, que je serai seul et libre dans la grande ville aux mille tentations. J'ai déjà mis une stratégie en place : les lieux à éviter (fuir le monde gay de peur qu'il ne me saoule …), les lieux a fréquenter (AA, salle de sport …). J'ai moins peur qu'avant, je suis plus confiant. Il reste 4 mois, moins de 4 mois avant d'atteindre l'année de sobriété ! 4 mois cruciaux. Je vais redoubler de vigilance. J'ai quatre raisons principales de ne pas boire :

- Je n'aime pas le goût de l'alcool,

- Je suis au régime et l'alcool me fait grossir,

- Je ne veux pas replonger dans cet état d'être pathétique que je deviens lorsque je bois,

- Je ne veux pas faire marche arrière alors que je suis en pleine progression.

En cherchant bien, il y en aurait mille autres. J'en ai fini avec la nostalgie de l'apéro; je peux prendre l'apéro : un jus de tomate, un jus de carotte, ou un cocktail de fruits.

Je suis presque prêt à aller à ces soirées où tout le monde boit et fume.

Il me manque juste les amis pour aller avec.

C'est avec un entourage affectif que je gagnerai mes victoires.

Je suis prêt à m'en forger un à nouveau.

Je suis prêt à redémarrer la vie.

10 mars 2008

Sentiments mitigés

Et voilà, c'est aujourd'hui le 7ème mois sans boire un verre et ça poursuit son petit bonhomme de chemin. Je n'en tire pas une fierté particulière, j'ai déjà tenu 9 mois, je commencerai à m'extasier dans 2 mois donc. Le 10 mai, à la veille de reprendre mon boulot. Après il va falloir ne pas boire au milieu des tentations, les bars, les boîtes … Je devrais tenir le coup, je n'ai vraiment plus envie de boire. Il suffit que je pense à mon alcoolique de père pour que j'aie envie de tout faire pour ne pas lui ressembler.

En tous cas, même s'il me semble loin, l'alcool reste un combat et je sais qu'une envie subite de reprendre un verre peut ressurgir à tout moment. Ça ne change pas ma vie de ne pas boire, ça ne l'a pas rendue plus belle, ça l'a rendue moins désastreuse et plus cohérente, c'est déjà ça.

Sinon je suis de très mauvais poil, je me suis pesé ce matin et j'ai repris 100 grammes par rapport à jeudi dernier, alors que je suis consciencieusement ma diète protéinée. Ça va me flinguer la journée, ça ! A croire que je ne maigrirai plus jamais et que je suis condamné à être obèse, comme ces femmes qu'on voit sur les plateaux de Delarue et qui essaient de se convaincre que fat is beautiful.

It does'nt. C'est moche à voir et pas bandant, je parle sur moi. Je crois que je vais abandonner la diète protéinée pour un régime classique comme on me l'a suggéré. Je ne peux pas manger moins que maintenant. Le corps doit réagir et stocker ses graisses, je n'en sais rien.

En plus le temps est merdique, je m'ennuie, rien ne va.

Pourtant, je maigris quand même (12 kilos depuis le 17 septembre), je ne fume toujours pas, je ne bois toujours pas. Je veux sans doute tout trop vite, je suis impatient de me "transformer" et redevenir le Jean-Yves optimum débarrassé de ses addictions, avec trente kilos en moins et de nouvelles dents. Le mois prochain, je récupère 100 euros, je vais aller faire réparer mon vélo et en faire une heure chaque jour. Je crois que c'est le sport qui me sortira de ces problèmes de poids. Ça et une alimentation équilibrée. Modifiée définitivement. Ne pas tomber dans la spirale infernale du Nutella et frites mayonnaises pour combler le vide en moi. Il va falloir encore fournir des efforts. Mais je suis prêt, je continue, et je parviendrai à atteindre mes objectifs.

10 février 2008

Six mois sans alcool !

bb742a78529c5ec204c7d21f809942b6.jpg6 mois sans boire un verre !

J'en suis donc à la moitié de mon premier objectif.

Je ne pavoise pas, j'ai déjà tenu 9 mois, donc il n'y a pas de performance à tenir une demi-année.

Surtout que je n'ai aucune envie de boire, j'ai juste eu, l'autre jour, un flash de cinq minutes pendant lequel j'ai eu envie de boire et de fumer devant mon micro-ordinateur. C'est passé très vite, pas de quoi fouetter un chat.

Je le répète, c'est quand je vais rebosser que ça va devenir plus difficile, je serai en ville (et quelle ville !), seul, livré à moi-même, sans le garde-fou de ma mère qui m'influence (en bien) et m'équilibre. J'aurai alors 9 mois de sobriété dans les pattes (et dans le foie) et ce ne sera vraiment pas le moment de tout gâcher. C'est pour ça que je vais assister à des réunions des alcooliques anonymes tous les soirs de la semaine. Plus tard, quand les finances seront remontées, je m'inscrirai dans une salle de gym parce que je suis convaincu que le sport a des vertus thérapeutiques. Et comme je compte me trouver un amoureux, autant que j'aie le meilleur physique possible. Surtout quand on approche de la cinquantaine (enfin il me reste 6 ans à avoir 40 ans). Bref, j'en ai parlé, la solution pour ne pas replonger c'est d'avoir des activités le soir, de ne pas m'enfermer, de voir des gens, de rencontrer de nouvelles têtes. Resocialisation ! Quand on boit seul, c'est le meilleur remède pour rester sobre. Je vais tester plusieurs centres des AA et sans doute que certains me conviendront mieux que d'autres. Je pense aussi à des réunions de bipolaires (si ça existe) mais je suis un peu frileux parce que si c'est pour tomber sur des bipolaires de type 1 en phase de manie, non merci, c'est terrorisant. En tous cas psy toutes les semaines, ça reste une nécessité, il faut que je m'en trouve un valable sur Paris et là ce n'est pas une mince affaire. Trouver un psy avec qui ça colle, rien n'est moins évident. Et il y en a tellement sur Paris ! On m'en a recommandé un mais sa description ne m'a pas plu. Je crois qu'il existe l'association des psys gays, ce qui m'éviterait de tomber sur un psy homophobe, mais c'est pas parce qu'on est gay qu'on s'entend forcément bien. Homme ou femme ? Je ne sais pas. Je pense à consulter la première psy que je voyais dans le cadre de la médecine du travail, elle me paraissait bonne. Mais je ne sais pas ! Elle était obsédée par mon apparence physique et me le faisait toujours remarquer. Sinon elle était valable. A voir, je vais écoper les psys du 15ème et aviser.

Bref, pas bu depuis une demi-année et de moins en moins envie de boire. C'est un signe encourageant. Demain, je vous parle du problème de la clope où j'ai quelques inquiétudes, il semblerait que je devienne accro aux Nicopass !

10 janvier 2008

Cinq mois sans boire

932e6e285bbceb050134cd2c9ed9d6a5.jpgNous sommes le 10, je n'ai rien bu depuis le 10 aout, cela fait donc 5 mois d'abstinence. J'ai beau dire que je ne compte pas, j'égrène quand mêle les mois en espérant arriver au douzième qui sera ma première victoire, celle que je vise depuis trois ans. Je trébuche toujours avant les douze mois, et là j'espère que je vais aller jusqu'au bout, parce que ce  premier "record" tarde à arriver et les années passent. J'ai bon espoir, cette fois, car mon congé longue maladie est normalement repoussé de trois mois, ce qui donne une reprise le 16 mai, donc avec plus de 9 mois d'abstinence. Reste à assurer à Paris, où libre et à nouveau bénéficiaire d'un salaire entier, je risque d'être soumis à de multiples tentations. Dans la base même où je suis hébergé, ils servent des bières dont les militaires sont très friands. (Les civils aussi). C'est par ces bières que j'avais replongé en 2002 dans un alcoolisme toujours aussi échevelé qui m'a amené en 2003 à cette période complètement délirante où j'ai été placé en congé longue durée. Donc l'enjeu est de taille car en fait, plus je replongerai, même sur une période courte, plus dramatiques seront les effets, plus destructeurs aussi. L'alcool est une maladie qui va en s'aggravant et quand on a touché un certain fond, on ne peut vraiment plus se permettre de reboire sous peine de grande catastrophe. Ce serait un grand drame si je me mettais à reboire et manquer le boulot. Je dois donc être très vigilant et j'ai peur d'avance. Mais j'ai par avance fourbi mes armes, réunions aux AA dès que possible, et Lysanxia qui m'enlève les angoisses qui me font boire. L'autre situation dangereuse, c'est l'excès de bien-être qui me donne envie de boire, mais je doute qu'en étant hébergé sur la base dans des conditions spartiates, je touche au bien-être total. Ce qu'il y a aussi, c'est la compagnie des autres qui boivent de l'alcool devant toi, là, il faut être fort pour résister et j'espère que j'aurais cette force. Cela dit, je n'ai plus d'amis nulle part donc le problème s'annule de lui-même. Mais si je m'en refais, il faudra penser à réclamer une boisson sans alcool dès le début et ne pas hésiter. Force et détermination. On peut partager sans partager les degrés d'alcool. Les soirées entre amis, les bars gays, tout ça, je ne me sens pas encore assez fort pour assumer. Je crois qu'il faudra que je me trouve un parrain aux Alcooliques Anonymes qui m'emmène dans ces lieux et me montre l'exemple, me soutienne. Seul, j'ai peur de ne pas pouvoir résister. Arrêter de boire dans une maison, dans un cocon où le seul alcool disponible est la vinasse infâme du géniteur, c'est très faisable, c'est même très facile. C'est un peu comme si je vivais dans un monde où l'alcool n'existait pas. Pas de commerce qui en vend à moins de six kilomètres à pied, pas de sous pour en acheter, je suis en quelque sorte obligé de ne pas boire. A dire la vérité, je n'éprouve aucune envie de boire mais … je fais fréquemment des rêves d'alcool, alors peut-être que l'envie n'est pas si loin … C'est très désagréable de penser à ça. Je crois que quand le temps va se réchauffer un peu, je vais aller en ville (à pied) me balader et aller dans les troquets, boire un café … sans clope, puisque j'ai arrêté et puisque c'est interdit. D'ailleurs, pourquoi ne font-ils pas les mêmes efforts pour empêcher les gens de boire trop ? C'est vrai que la biture express, ça reste le sport favori des jeunes dans les soirées, au point que certains finissent à l'hôpital. J'ai vu un reportage là-dessus. Ça reste socialisant chez les gens de boire un coup … pourquoi pas ? Mais combien d'alcooliques qui s'ignorent en réalité ? Et ce slogan hypocrite : pour votre santé, attention à l'abus d'alcool. La France est championne de cette méthode de prévention : "Fumer tue" "Pour ta santé, évite de manger trop gras, trop salé, trop sucré" … Je serais curieux de connaitre l'impact qu'ont ces slogans de prévention sur la population !

Bref, j'ai arrêté de fumer et de boire et ce n'est pas du à ces slogans dérisoires. Donc tenir le coup dans les deux domaines. Et reprendre dès que possible les autres combats honteusement délaissés en fin d'année, la marche à pied et le régime. Dur de tout faire en même temps ! Beaucoup de privations pour peu de plaisir, si ce n'est la satisfaction de voir ses efforts récompensés et de se dire "je peux le faire, j'y arrive, je suis un champion".

Ben le champion il faut qu'il apprenne à gérer ses crises d'hyperphagie et qu'il aille se promener au moins une demi-heure par jour. C'est pas si difficile, dit comme ça. Mais l'hyperphagie comme la boulimie sont des crises incontrôlables d'envie de bouffe. C'est spectaculaire ce qu'on peut ingurgiter quand cette sorte de faim, ce creux, ce vide à combler vous saisit. Il faut absolument que je me documente sur le sujet, il doit bien y avoir un traitement, des thérapies. Je ne peux pas laisser saborder mon régime par ces accès de bouffe ! A moins que ce soit du simplement à la privation de nicotine, à moins que ce soit du AUSSSI à la privation de Nicotine, ainsi qu'au manque de rythme de vie régulier : je dis ça parce que je n'ai pas envie de manger ce matin, alors que j'ai dormi pour une fois la nuit ! Je vais finir par trouver et mener à bien ce régime. Hors de question de rester gros comme ça. L'obésité ne me va pas du tout, va-t-elle bien à quelqu'un d'ailleurs ? Je suis toujours sceptique en regardant les émissions où des filles très très rondes clament leur bien-être. Moi ça ne me va pas du tout et l'image que le miroir me renvoie me fait horreur. Reprendre dès que possible le régime, donc, et apprendre à faire sans ces aliments gras et sucrés, qui tendent à combler un manque que je n'arrive pas à définir. Affectif ? Peut-être bien. Mais aussi un manque d'occupation, de bon rythme de vie, de ses à ma vie … A creuser !

Toujours est-il que j'ai passé cinq mois sans boire et que je me porte comme un charme. Rendez-vous donc au sixième mois, à mi-chemin du premier record recherché.

31 décembre 2007

Bilan de l'année 2007

Voilà le temps de faire le bilan d'une année écoulée, 2007, année faite de hauts et de bas, mais année de progression quand même.

- Alcool

Plusieurs rechutes cette année, regroupées en quelques moi après avoir passé dix mois sans boire. Des rechutes courtes, de plus en plus courtes, de plus en plus écœurantes dans l'abandon et le laisser-aller de moi-même. Il me semble avoir touché "mon fond" lors de la dernière, et que je suis bien parti pour ne plus boire du tout, même s'il est dangereux de s'aventurer sur ce terrain, sachant que je vais retravailler, retrouver une certaine liberté, et être confronté à l'alcool qui se trouve partout. Il va falloir apprendre à résister, fréquenter toutes les réunions AA possibles pour ne pas oublier de ne plus boire, que c'est mon objectif n°1 de me defaire de cette drogue, de ce poison qui est à l'origine de l'échec de ma vie. Je n'ai absolument plus envie de boire pour l'instant mais les tentations sont loin, quoique les cubis de 10 litres de vin de mon père sont à ma portée. Mais je n'aime pas le goût du vin et je n'ai aucune envie de cet alcool écœurant. De plus, ce qui me fait boire, c'est entre autres le stress et le Lysanxia annihile tout stress, le coupe à la racine. J'ai donc de bonnes chances de ne pas boire en 2008, c'est ma plus grande priorité.

- Cigarettes

C'est la grande victoire de 2007. J'ai enfin réussi à arrêter de fumer le 13 octobre à 17 heures. Je fêterai mes trois mois le jour de mes 44 ans. Objectif, dépasser les 4 mois fatidiques et atteindre et dépasser l'année. Que 2008 soit mon année non fumeur. Décision facilitée par la loi de 2008 et le prix exorbitant du paquet de Winfield. Les 300 euros que je dépensais à fumer seront épargnés pour acquérir la somme nécessaire à l'obtention d'un appartement. En un an, j'aurais suffisamment de côté pour payer la caution et voir venir. J'arrêt les patches en février, au moment même où j'atteins mes 4 mois, mais je continue 2 mois les Nicopass, en les réduisant. Je gagne deux mois de substituts à l'envie de fumer, substituts des plus efficaces. Après, plus rien, sauf des plaquettes de Nicopass en différents endroits pour parer à l'envie impérieuse de fumer qui se manifeste de longs mois après encore. Je préfère avoir ce filet de sécurité et j'espère ne pas avoir à m'en servir, mais c'est rassurant d'avoir une solution de secours à portée de main.

- Régime

C'est le grand échec de mon année 2007. 16 kilos de perdus, puis repris. Puis 11 kilos de perds dont 4 ou 5 de repris. Je pèse quand même 6 kilos de moins que l'année dernière mais c'est loin de sufffire. Il faut que 2008 soit l'année de la perte de mes kilos en trop. J'en ai 35 à perdre, je peux le faire en dix-douze mois. Il faut que je réussisse à vaincre ces attaques d'hyperphagie, que je travaille dessus avec mon psy pour démonter le mécanisme. Je sais juste que je comble un grand vide, peut-être l'ennui ou le manque affectif. Retravailler va me permettre de rééquilibrer ma vie sociale et peut-être supprimer ces crises de mini-boulimie. La cantine, qui propose des plats variés pourra m'aider à manger ce qu'il faut, je n'aurai pas les tentations que j'ai à la maison, avec du chocolat toujours à disposition. Il faut que j'y arrive. Il faut que je vainque. 5 ans que je suis obèse, il est temps de mettre un terme au quinquennat.

- Sport

J'ai pris l'habitude de marcher, presque tous les jours, d'une demi-heure à une heure malgré le temps dégueulasse. Ce n'est pas vraiment du sport mais c'est une activité physique. C'est un début. J'envisage éventuellement de m'inscrire dans une salle de gym et de m'astreindre à y aller au moins 3 fois une heure par semaine. 3 fois voire 4. J'aime faire de la muscu, pousser de la fonte, sentir la douleur qui s'apaise ensuite et gonfle le muscle. Ça serait une bonne alternative ou un bon complément au régime. Reste à trouver la bonne salle et les bons profs. Je pense que dés que j'atteins les 85 kilos, je m'inscris et je pratique. Reste a voir si je serai assidu, je l'ai été en 95, je devais déjà m'inscrire à nouveau en 2002 mais je ne l'ai jamais fait. Donc le sport, c'est sous toute réserve, bien que ça me serait très utile dans l'arrêt de la cigarette et du régime. J'ai juste peur de ne pas tenir sur la durée.

- Psy

L'autre grande victoire de l'année et la progression la plus fulgurante de ces derniers mois. Depuis le 28 août 2007, je consulte une fois par semaine et on a enfin diagnostiqué ma maladie, troubles bipolaires de type 2. Bien que les séances soient trop courtes à mon goût, je retire une grande satisfaction de ces moments d'échange. Questions et réponse, je peux m'exprimer pleinement sans jugement. Je serai peut-être amené à consulter sur Paris puisque je compte retravailler. Donc trouver un bon psy, peut-être l'actuel me recommandera quelqu'un. Il est essentiel, vital que je poursuive les consultations car elles me font un bien fou, vingt minutes consacrées à moi où je n'ai pas à entendre les jérémiades des autres. J'apprends sur moi et mes affections, je déballe le passé, il doit rester 10 000 sujets à aborder. J'en ai pour des années et pour la première fois, ça ne me déplait pas.

- Travail

Reprendre en février ou mai ? L'ambiance lourde de la maison, ma haine grandissante pour mon père, me pousse à reprendre au plus tôt, soit dans un mois et demi. Je ne suis pas sur d'assurer dans le travail avec mes problèmes de concentration, mais peut-être qu'une fois dans le bain, et en allégeant le traitement … ca deviendrait du domaine du possible. Trouver un autre poste que le dernier en date qui ne me convient pas du tout. En parler au directeur. Faire au mieux.

Avec le boulot, l'hébergement sur la base. Je prie de tout mon cœur que ce soit possible, car je ne me vois pas rentrer à la maison tous les soirs, avec les 4 heures de transport par jour? Tuant, usant et je n'ai plus ma mère pour me ramener de ma ville au village. Big problem. En janvier, je me renseigne sur les possibilités d'hébergement. La dernière fois, c'était dans des chambres à 4 avec confort minimum. Très dur à assumer, mais faisable. Ils hébergent ailleurs maintenant, souhaitant que ce soit mieux parce que j'en prends pour un an minimum. Cet endroit me servira juste à dormir, c'est pour ça que le soir je dois m'occuper : psy, AA, muscu … autant de bonnes raisons de m'évader dans ces activités pour rentrer fourbu et juste dormir. C'est le lourd tribut à payer pour avoir laissé tomber mon appartement. Je vous raconterai ça dans une prochaine partie du "combat". En tous cas, il est fort peu probable que le service logement daigne s'occuper de mon dossier vu que je suis parti avec des loyers en retard et en abandonnant tout dans l'appartement. Je vais, en 2009, devoir passer par le privé. Mais là j'extrapole, restons en 2008, je devrais donc être hébergé sur la base où je bosse et passer le plus clair de mon temps dans l'enceinte du boulot. Je compte revenir le weekend chez les parents, pour voir Maman, les chats et faire de l'Internet. Puis me ressourcer. Alimenter mon blog chéri. Avec des tas de choses nouvelles à raconter.

Voilà donc le bilan de l'année 2007, pas si mauvais, mais peut mieux faire. A priori, je crois en 2008, j'ai déjà dit que c'était une année-charnière et l'année du grand changement. J'ai trop végété seul enfermé avec mes seuls médicaments, le cocon familial, et l'internet pour seule fenêtre sur le monde. A moi de me relancer maintenant, j'ai un peu la trouille mais tout devrait aller bien. J'ai oublié de dire que les finances allaient s'arranger. Donc de bonnes perspectives pour cette nouvelle année, à moi de ne pas tout faire foirer !

11 décembre 2007

4 mois et puis après ...

Extrait d'une intervention sur ATOUTE

 

Je vous ai déjà parlé de www.atoute.org, ces forums médicaux qui traitent des différentes affections, les désordres mentaux, l'arrêt de la clope, de la cigarette, entre autres. Je suis là-bas chez moi parce que je me retrouve dans plusieurs rubriques. Voici un extrait de ma dernière intervention dans le forum "Arrêter l'alcool" qui est plein de gens formidables qui se battent pour trouver le chemin de la sobriété.

 

Je ne viens plus trop ici parce qu'en ce moment, je suis tellement occupé à ne pas fumer que je ne ressesns aucun désir d'alcool, pas le moindre, comme si ma dernière rechute du 8-10 aout m'avait guéri.
Enfin, je sais que ça marche pas commme ça.
L'alcool est un monstre rampant qui guette la moindre faille pour ressurgir dans toute sa splendeur, je reste sur mes gardes.
10 aout - 10 décembre : 4 mois sans. Les doigts dans le nez. Faut dire que j'ai l'habitude d'accumuler les mois, j'en ai empilé jusque 10, je ne suis pas encore parvenu a toucher mon année sans boire, c'est râlant, depuis 1999 que j'essaie.
Enfin, cette fois est peut-être la bonne, je me sens différent, puis je suis suivi par un psy, ça aide beaucoup. Pis il a posé le diagnostic de mon désordre mental : troubles bipolaires, alternance de hauts et de bas, qui vont de la dépression totale (boisson) à la surexcitation active (boisson aussi parfois). Y a un rapport, je touche peut-être quelque chose du bout du doigt, les racines profondes de mon alcoolisme. Travaillons encore avec ce formidable psy et les choses s'éclairciront peut-être.

Voilà, j'en suis au premier tiers de mon premier objectif : un an. Ca fait tant de temps que je recommence à être sobre que je suis un peu las. Mais ... si on réussit à faire la nique à la cigarette, on doit bien pouvoir en faire autant avec l'alcool.

Bisous à tout ceux que je connais, Mina, Elisaaa, Autresoir, et ceux que j'oublie, pardonnez-moi.

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Arrêt de l'alcool : 10 aout 2007
Début du régime : 17 septembre 2007
Arrêt de la clope : 13 octobre 2007
 

10 décembre 2007

4 mois et 14 mg.

10/12/2007 15:12:43

 

Pfiou. Pas la grande forme aujourd'hui. Lever 6 heures, je pensais être tranquille pour aller ouvrir les grilles, nourrir les chats et déjeuner en paix (comme Stephan Eicher) et voilà que je vois arriver les parents. Je crois que j'ai tiré une gueule de six pieds de long, moi qui adore être tranquille le matin.

Ma mère déjà en train de rouspéter, mon père oscillant derrière son déambulateur, vision enchanteresse qui met en forme pour bien commencer la journée. Ca m'a l'air définitif, j'ai de plus en plus de mal à les supporter et je songe sérieusement à partir en clinique. A moins que ce soit le manque de nicotine et le manque de sommeil qui me mettent à bout de nerfs, c'est fortement envisageable aussi. Ou les deux combinés. Mais au final, je ne pense pas que mes parents soient responsables, c'est plutôt que je suis pressé de passer à autre chose. Avoir mon appartement et ne plus ne voir que moi le matin. Sauf peut-être un ou deux chats. Pour le petit copain qui va avec le kit liberté, on attendra un peu.

Donc j'en ai été pour refaire 25 clopes à mon père qui les avait fumées (les 25 précédentes) en une nuit, écouter ma mère se plaindre et déjeuner parce que malgré tout, je ne perds pas l'appétit.

J'ai fait la vaisselle et quelques travaux domestiques, puis je suis allé me recoucher.

Ah si, deux choses :

- Je ne suis pas allé me peser ce matin, je sais pertinemment que j'ai pris du poids avec mes écarts boulimiques, et je ne tenais pas à me déprimer davantage. Je me pèserai lundi prochain, car je vais essayer d'être raisonnable cette semaine, retrouver la foi et la niaque pour reprendre ma nouvelle alimentation, ne pas remanger la nuit, etc … reprendre mon combat en main, quoi !

- J'ai posé mon premier patch 14mg/24h !

Voilà. Après je me suis endormi et je ne me suis réveillé qu'a 14h30, tout d'abord heureux d'avoir dormi 5 heures. Puis vaseux, engourdi, sans doute à cause de l'abus des somnifères. Je crois que je vais essayer d'arrêter ces médicaments car ils ne m'aident en rien, quelle que soit la marque et la composition. J'ai du boire une douzaine de cafés forts pour me sentir à peu près bien, et encore … Sinon pas trop d'envie de fumer, j'ai peut-être pris un ou deux Nicopass en plus mais le passage au 14 mg n'est (à première vue) pas si difficile que ça. Enfin, j'attends de voir les prochains jours avant de me prononcer.

A 15h30, je me suis décidé (sous l'influence de ma mère, toujours pressée) d'aller à la mairie chercher la carte d'identité de mon père et faire faire ma carte d'électeur. Hé oui je l'avoue sans honte, je n'ai pas voté en 2007 car ni le nain ni la bécasse ne me convenaient. Je ne voyais aucun avenir possible et paisible pour la France et ma foi … mais ne parlons pas politique, ça va m'énerver.

Donc je me suis fait une demi-heure de marche aller-retour dans le froid, en me sentant très mal et en tanguant en marchant comme si j'étais saoul. J'ai récupéré la CNI de mon père et l'aimable dame m'a rempli le papier de demande de carte d'électeur que je n'ai eu qu'à signer. Au revoir messieurs-dames, merci et me revoilà reparti sans prendre les chemins qui rallongent comme quand je fais mon heure de marche : trop naze, trop malade. Effets secondaires de l'abus de somnifères, j'en suis sûr.

Ca va mieux depuis que je suis rentré et que je tape ma note, bien au chaud, bien au calme, avec un déca fumant posé à côté de moi. Je suis encore un peu "out" mais je pense que ça va s'effacer avec les heures qui passent et … je serai naturellement en forme la nuit !

Sinon accessoirement, je fête mon 4ème mois d'abstinence alcoolique mais je ne me réjouirai qu'au 12ème mois qui a toujours été mon premier objectif et que je n'ai, depuis 1999, jamais réussi à atteindre, le record étant de dix mois. Je suis quand même content, mais j'attends de voir : ici, je ne peux pas boire, ça se verrait et ma mère y mettrait le holà et elle aurait raison ! Mais que va-t-il se passer quand je serai seul dans mon appartement dans la joie d'être enfin autonome ? Est-ce que ça ne va pas recommencer ? Je pense que non, j'ai beaucoup appris de mes erreurs mais le poison alcool est tellement puissant qu'il va sûrement me tenter. A moi d'agir et de réagir.

Mais je n'en suis encore pas là, j'estime avoir mon appartement en 2009, 2010 au plus tard, j'aurais donc accumulé des années sans alcool. Je serai alors sans doute plus fort pour résister. Et je rappelle que pour l'instant, je n'ai pas la moindre once envie de boire. Faites que ça dure, Dieu des alcooliques abstinents. J'espère qu'il en sera de même un jour pour la nicotine, là je n'ai jamais dépassé les 4 mois et ½ d'abstinence … nouveau record à battre …

Bref je suis bien occupé avec mes combats pour devenir un mec meilleur. Mais je me plains pas, je reste plutôt constant et cohérent, les médocs et le psy y sont pour quelque chose. Et que j'habite chez mes parents aussi, parce que Maman est le meilleur garde-fou (terme à prendre au pied de la lettre) qui soit. Sans sa présence, j'aurais sombré. Alors mes énervements contre elle, je vais les museler, parce qu'elle m'apporte beaucoup et si elle geint, c'est parce qu'elle souffre d'une maladie des os et des muscles, donc c'est tout à fat justifié. C'est à moi que je dis de fermer ma gueule, cette fois. Par contre mon géniteur est un sale pourri et je ne reviendrai pas là-dessus.

24 novembre 2007

5 combats, 5 préceptes pour une nouvelle vie !

1) Ne plus boire

2) Ne plus fumer

3) Perdre du poids et avoir une alimentation équilibrée

4) Faire du sport (marche, vélo, muscu)

5) Suivre ma psychothérapie et bien prendre mes médicaments

 

Voilà, classés aléatoirement, les cinq combats que je mène actuellement et que je compte mener à vie. Je parle encore de combats, parce que certains nécessitent de faire des efforts pour y parvenir.

Je vais les examiner un par un et les commenter.

 

- Ne plus boire

Je suis alcoolique, c'est une maladie à vie dont on ne se guérit pas. Par contre, on peut devenir un alcoolique abstinent, stabilisé. C'est mon plus ancien combat après le régime. Je l'ai débuté en 99 et c'est au bout de ces 8 ans que je peux envisager de me rétablir, d'être définitivement abstinent. J'ai cerné les deux cas de figure qui me font boire : un trop grand stress ou un trop grand bien-être. J'ai des médicaments contre le stress. Pour le bien-être, ce sera à moi de me raisonner, d'être volontaire, de rester simplement bien dans ma peau sans chercher à optimiser mon bonheur en me saoulant. Me rappeler que seules les premières heures d'alcool sont géniales, après je deviens paresseux, sale, affreux, incohérent, dépensier, irresponsable et j'en passe. L'alcool me transforme en monstre, à l'intérieur et à l'extérieur. L'alcool m'a fait perdre mon appartement plusieurs fois, la dernière fois, j'y ai laissé mes meubles, ma dignité et l'estime de moi-même. Trois choses qu'il va être difficile de récupérer. L'alcool est mon pire ennemi qui se cache au début sous les traits d'un ami qui me veut du bien. Il est partout, il est autorisé, il est apprécié pour ses vertus gustatives et socialisantes, mais pas de moi. Je déteste le goût de l'alcool, l'odeur du vin, l'aigreur du whisky, et je ne peux plus sentir le parfum du pastis. Pourtant, j'ai récemment (il y a trois mois) replongé. C'est une histoire d'attraction et de répulsion. Heureusement, la répulsion devient de plus en plus grande. Je déteste les gens saouls. Ils sont comme un miroir de mon passé encore récent. Je n'ai depuis ces trois mois, après ma rechute si obscène, plus la moindre envie de boire. Du vin traîne à la maison (mon père boit) et je n'ai aucune envie de toucher à ce jus fermenté écœurant. Il est écœurant comme la personne que je deviens quand je bois. Chaque rechute est de plus en plus brève et de plus en plus monstrueuse. J'ai l'impression d'en avoir fini avec l'alcool. Mais je reste vigilant. J'en parlerai à mon psy et je participerai à des réunions d'anciens buveurs. J'ai des tas de choses à dire sur l'alcool, je pourrais, peut-être un jour, en faire un livre, une diatribe contre l'alcool, tellement je le déteste. Je suis même très extrémiste, je trouve (parfois) qu'il ne devrait plus être en vente libre, surtout aux jeunes. Et cette phrase "à consommer avec modération", je la trouve stupide car des tas de gens ne savent pas, ne peuvent pas, ne veulent pas, consommer avec modération. Je veux continuer à ne plus penser à lui, comme je le fais en ce moment, mais je sais aussi que c'est parce que je suis focalisé sur mes autres combats. Un jour, l'envie se manifestera, j'en suis sûr, elle se terre, cachée en moi; il suffit que je sois seul, chez moi, à faire une activité plaisante pour que parfois, j'en ai envie. Si je suis sur Paris, j'irai aux réunions des AA et je me choisirai un parrain. Il faut avoir quelqu'un à appeler en cas d'envie, un ami à même de comprendre, les AA eux-mêmes, ou écrire sur son blog ou sur les forums ATOUTE. Il faut absolument court-circuiter l'envie et ce dès qu'elle se manifeste. Ce n'est pas toujours évident, mais on apprend à le faire. Arrêter de boire m'est extrêmement facile et j'ai déjà tenu dix mois. C'est ne pas replonger qui est difficile, et je suis en train de développer toute une stratégie pour ça. Appeler à l'aide, mais aussi aller m'acheter quelque chose qui me fait plaisir avec l'argent destiné à la bouteille de whisky et de pastis (40 euros). Je n'ose pas trop le dire, parce que j'en ai déjà été persuadé, mais j'ai l'impression que cette rechute était la dernière. Mais je reste sur mes gardes, c'est peut-être une impression trompeuse. Je verrai quand je vivrai seul à nouveau. J'ai cet impression-là aussi, qu'il attend ce moment pour m'attaquer. Mais les années m'ont appris à me battre et je compte bien être le vainqueur.

 

- Ne plus fumer.

C'est un combat que je mène à peu près en même temps que celui de l'alcool. J'éprouve deux sentiments contradictoires vis-à-vis de la cigarette : j'adore (ou plutôt j'adorais) fumer, surtout en prenant mon café le matin. Un vrai rituel agréable, plaisant, et ce poison qui vous apaise la tête après huit heures de manque. L'autre sentiment, c'est le dégoût : à la vue d'un cendrier plein, à sentir l'odeur qu'on traîne avec soi et surtout que les autres véhiculent avec eux. Le tabac froid ça pue.

Mais autre chose : fumer rend vraiment accro, bien plus que la drogue que j'ai essayée (jamais aimé ça) et bien plus que l'alcool. Les symptômes de manque de nicotine sont épouvantables, pourtant pas douloureux quoique … ce vide en soi, ce petit monstre tapi au fond de soi qui réclame sa dose de nicotine (hommage à Allen Carr) de manière quasi permanente, avec des accès d'envie violente où l'on peut en venir à chercher les mégots dans sa poubelle pour pouvoir fumer ce qui reste … la nicotine rend accro, mais je me demande aussi si les agents de saveur et de texture (un truc comme ça) n'en rajoutent pas en plus. Et ce geste de fumer, ce geste qui fut tant social et apprécié, sexy au cinéma (les vamps hollywoodiennes et leur porte cigarette, le cow-boy viril de Marlboro et sa clope au bec …) Il fut un temps où ça faisait bien de fumer. Ce temps est bien révolu (sauf chez les jeunots et les femmes apparemment, si on en croit les statistiques). Maintenant le fumeur est l'ennemi, le coupable. Vous avez remarqué dans les films américains et dans les séries (c'est le méchant qui fume) sauf pour Carrie Bradshaw dans Sex and the city. Fumer tue et on s'en fout de lire ça sur les paquets brillants qu'on achète pour mieux aller s'intoxiquer. Mais fumer tue les autres ou les rend malades, et ça c'est un argument imparable pour avoir envie d'arrêter de fumer. On intoxique les autres qui n'ont rien demandé. On est coupable, et aucun argument sur la liberté individuelle de fumer ne tient la route face à ça.

J'ai arrêté pour ne plus intoxiquer ma mère qui est bien assez malade comme ça pour ne pas en rajouter. J'ai arrêté parce que c'est elle qui me payait mes clopes (300 euros par mois que j'estimais lui voler) et que je la ruinais. J'ai arrêté parce qu'en 2008 on ne pourra plus fumer nulle part ou presque. Il restera la rue ou chez soi. J'ai arrêté parce que la somme dépensée par mois se rapproche du prix d'un loyer d'un deux pièces dans ma ville. J'ai arrêté parce que je commençais à tousser et que je m'étais toujours promis d'arrêter à ce moment-là. Je n'ai pas arrêté par peur du cancer, je n'y pense pas. Mais j'ai quand même arrêté parce que j'ai envie de vivre longtemps. Cette chienne de vie m'en a fait voir des vertes et des pas mures, mais j'y tiens, j'ai envie de vivre, j'ai peur de la mort, et j'ai surtout peur de mourir en ce moment parce que si je mourrais là, à ce moment précis, j'aurais vécu une vie de raté. Et je veux finir par la réussir ma vie.

C'est tout nouveau, ça date de 42 jours, mais j'ai bon espoir cette fois. J'ai tout mon attirail pour me désintoxiquer en douceur, j'ai ma détermination et l'expérience de mes dix premiers arrêts. Là aussi j'ai pris des mesures pour ne pas recommencer. J'en ai déjà parlé. Mais je sais que les rechutes de ce type sont encore plus fréquentes, plus imprévisibles que celles de l'alcool. L'ennemi va être long à combattre et je n'en suis qu'au tout début. Mais je crois là aussi que je tiens l'Arrêt Définitif. Sous toutes réserves, bien sûr, je ne le saurais qu'à la fin de ma vie.

 

- perdre du poids et avoir une alimentation équilibrée.

Mon plus vieux combat. Si je ne fais rien, si je ne me contrôle pas, je suis gros. D'abord je grossis facilement. Et ensuite, j'ai une inclination certaine pour les choses grasses et sucrées que je mange en grande quantité. Je l'ai déjà écrit dix fois au moins : ces choses grasses et sucrées sont réconfortantes, elles consolent, elles déstressent, elles font plaisir. J'aime manger.

J'ai déjà fait des tas de régimes et je le raconte ici donc je ne vais pas faire dans la redite. Cette fois-ci est différente, car cette fois-ci je pense à me stabiliser et à modifier définitivement mon alimentation. Finies les pizzas à outrance (deux calzone à la fois, en 2005) mangées en entier, finis les pots de 750 grammes de Nutella avalés en une soirée, à la cuiller (2007), terminé les quatre tubes de lait concentré sucré délicieusement tétés en quelques heures, voire une heure (2005). Fini tout ça. Place à des portions raisonnables, manger de tout mais en quantité raisonnable. Un quart de pizza, un carré de chocolat, une tranche de pain d'épice, une coupelle de glace et pas le pot entier … au milieu de tout ça, place de choix aux viandes maigres, poissons, légumes variés, yaourts (un à a fois), fruits (je redécouvre la pomme) … ce seront les aliments privilégiés pendant ma période de régime qui durera sûrement de huit à dix mois. Peut-être plus. Je continuerai ensuite, en réintroduisant doucement les féculents, et mes péchés mignons, de temps à autre, à dose normale. Je surveillerai mon poids sur une balance. Et pas n'importe quoi comme balance, une balance impédancemètre, qui, en plus du poids mesure la masse graisseuse et la masse d'eau en envoyant un courant électrique (non dangereux) à travers le corps. Je veux perdre de la graisse, mais pas de muscle, pas de l'eau, juste de la graisse. Et c'est ce qui nous amène au point suivant :

 

- faire du sport.

Je n'ai jamais été fan de sport, je faisais tout pour sécher les cours de gym; ce que je détestais surtout ce sont les sports collectifs et les sports de vitesse. Par contre, l'endurance, ça me plaisait. Et j'ai découvert au fil des années le plaisir de marcher, de faire du vélo, de pousser sur des poids et haltères.

J'ai pratiqué ces sports à des moments précis de ma vie, puis un changement de mode d'existence m'a amené à les abandonner. La paresse a joué son rôle là aussi. Si je me laisse aller à mes penchants naturels, je ne fais rien, je mange, je bois, je fume et j'écris. Je ne veux rien garder de tout ça sauf écrire.

Il y a quelques jours, je me suis remis à la marche, et j'ai redécouvert ses vertus déstressantes, épanouissantes, j'ai renoué avec cette saine fatigue d'une marche d'une heure ou plus. Et dorénavant j'y vais tous les jours, une demi-heure au moins. C'est mon premier pas vers la pratique régulière d'un sport. Je compte même m'équiper de chaussures de marche et marcher jusqu'à ma ville, à 6-7 kilomètres de chez moi, par des chemins détournés et tranquilles. Je profite de ne pas travailler pour me consacrer une ou deux heures à la marche. Quand je retravaillerai, j'éviterai de prendre le métro pour marcher à pied jusqu'à mon point de destination. C'est moins rapide, moins cher, plus agréable. Redécouvrir Paris et ses rues, son ciel, que de plaisirs en perspectives ! La marche, c'est adopté et adapté à mon surpoids actuel.

Après, le printemps venant et souhaitant être allégé de 10-15 kilos, je ferai réparer mon vélo et je cheminerai par monts et par vaux. La région est belle et ce serait dommage de s'en priver. J'ai beaucoup pratiqué le vélo en 95 et je compte remettre ça. Si je suis à Paris, j'emprunterai un vélib mais la circulation me fait un peu peur !

Il m'a été soufflé l'idée (et j'ai adhéré) de me remettre à la muscu dès les 80 kilos atteints. Ce n'est pas une mauvaise idée. En 95 là aussi, j'ai beaucoup pratiqué et me suis développé le poitrail. Pour le reste, ça n'a guère gonflé, j'aurais surement fourni un meilleur travail en salle avec un prof qui me conseille. J'ai trouvé une salle dans ma ville, où l'ambiance est saine et familiale. Pour 400 euros par an, je m'y inscrirais bien. Et là encore, si je dois bosser et vivre sur Paris, j'essaierai de trouver une petite salle sympa et pas une usine à forme où ça drague dans le sauna.

Je parle beaucoup de 95. Ça a été une année charnière où réfugié chez mes parents, j'étais au RMI et je préparais des concours administratifs. J'en ai profité pour faire du sport et un régime, mais pas arrêter de fumer. J'ai obtenu mon concours, j'ai travaillé à Meaux, eu mon appartement et là j'ai laissé tomber sport et alimentation ! Le boulot occupe pas mal de temps. Et seul, j'ai tendance à me laisser aller.

Comme quoi l'histoire se répète, je n'ai eu de cesse que de tout perdre, apparte et boulot pour finir par me réfugier chez mes parents pour remonter la pente. Et reglisser vers le bas, une fois tout seul. Donc, cette fois j'apprends de mes erreurs, et après avoir passé 17 ans de ma vie à chuter et remonter, j'ai décidé de comprendre le pourquoi de ces montagnes russes et j'ai donc entrepris une psychothérapie pour démonter le mécanisme, casser la malédiction. Donc, dernier et important combat :

 

- Suivre ma psychothérapie et bien prendre mes médicaments.

J'en ai parlé beaucoup dans mes dernières notes, avoir été diagnostiqué bipolaire explique ma vie en dents de scie, périodes d'abattement où je plonge dans la boisson et son enchaînements de catastrophes (ne plus aller au travail, ne plus rien payer, perdre l'appartement voire le boulot, me retrouver chez les parents) et périodes d'activité intense où je repasse des concours, retrouve du travail, l'appartement, la vie normale et sans alcool … jusqu'à temps que se réenclenche la déprime et c'est reparti pour la chute. Une chute de plus en plus grave à chaque fois et des remontées de plus en plus difficiles. Là, après 2005 où j'ai perdu appartement et meubles, la remontée est très longue et très ardue. J'ai un long travail de psychothérapie à faire, pour réussir à m'équilibrer et stopper ces périodes de dépression et d'hypomanie, tâcher de me maintenir dans un état constant. Je perçois déjà certains remèdes comme retrouver une vie sociale (que j'ai perdue en 95 et jamais retrouvée depuis), des activités hors du boulot, faire des sorties, surtout ne pas m'enfermer. Je ne sais pas comment va se passer le travail avec mon psy, si on remontera le temps pour retrouver l'élément déclencheur, si on travaillera sur l'équilibrage des périodes déprime/hypomanie. Je ne sais qu'une chose, j'ai perdu beaucoup de temps, d'argent, de jeunesse, d'amitiés et d'amour en passant mon temps à flanquer par terre tout ce que j'avais entrepris. Il est temps de s'en prendre à la racine du mal, de le circonscrire, et c'est en ça que les 5 combats que je mène vont m'aider. Cette fois-ci, je ne veux plus faillir, je n'ai plu le temps ni l'énergie, je tire mes dernières cartouches et elles sont rutilantes de volonté et d'obstination.

Ce blog est et restera le journal intime de mon évolution, de mes avancées et de mes faux pas, car parfois je faillis. Mais au final, j'avance et j'ambitionne d'être un mec … bien … dans sa tête, sa peau, son corps, son cœur, son âme …

Merci à ceux qui me suivent. Pour laisser un commentaire, cliquez simplement sur commentaires !

23 novembre 2007

Le combat - 6ème partie

5ème partie : ici

J'errai longtemps dans le métro, appréciant la chaleur, celle qui enveloppait mon corps transi de froid et celle de la présence des gens qui vaquaient à leurs occupations du matin, allaient travailler ou rejoindre leur famille. Je les enviais. J'avais une fois de plus foutu ma vie en l'air et comme toujours … avec l'aide de l'alcool.

Je me retrouvai finalement gare de l'Est. J'aimais être au milieu de ces gens pressés d'aller faire ce qu'ils avaient à faire, j'étais pris dans une marée humaine qui me faisait me sentir moins seul.

J'avais faim. J'avais froid. Je décidai d'un coup que je ne pouvais pas renoncer à tout ce que j'avais obtenu et que j'allais trouver une solution. J'allai rentrer à la maison, reprendre le boulot, assumer mes erreurs et continuer ma vie bien réglée et ce, sans alcool.

Je téléphonai à ma mère qui m'engueula mais me dit de rentrer tout de suite à la maison. Je m'exécutai, pris le premier train sans prendre de billet. Je me sentis apaisé quand il s'ébranla en direction de ma ville que je n'aurais jamais du quitter. Ma mère m'attendait à la gare et ne me reprocha rien quand je montai dans la voiture. A la maison, elle me fit prévenir le boulot que je rentrai le lendemain et expliquer ce qui m'était arrivé. Le version tous publics.

Le lendemain donc, je retournai au travail. Le stage était fini, et je me retrouvai face à ma directrice à qui je racontai le même bobard qu'à ma mère, que je m'étais fait agresser et voler dans Melun sur le chemin du boulot, que j'étais en état de choc et que je n'avais pas pu venir travailler. Ma directrice s'avoua heureuse de me retrouver en bon état et m'envoya au commissariat pour déposer une plainte pour vol.

J'angoissai à cette idée d'officialiser mon mensonge mais j'obéis et je racontai mon histoire déjà bien rodée d'un type qui m'avait attiré au fond d'une impasse pour me menacer avec un couteau et me voler portefeuille et portable. La femme qui me reçut me montra sur écran des tas de photos où je ne reconnus évidemment personne. L'entretien se termina à mon grand soulagement et je regagnai le boulot le cœur léger d'en avoir terminé avec ces deux jours d'enfer et l'âme honteuse d'avoir menti pour cacher mon alcoolisme.

Mais la vie reprit son cours. Travail, maison, soirée Internet, mots doux avec mon bel inconnu, conversation par NetMeeting, jouissance, adieux tendres, sommeil, réveil, déjeuner, bus, travail, et on recommence … J'aimais cette vie bien réglée, bien cadencée, alors … pourquoi fallait-il que parfois les démons me reprennent et que j'aille me murger dans les sex-shops ? Parfois la soupape explosait et il fallait que je déraille, que je m'enfonce, que je me perde et que je me rattrape à la dernière branche in extremis. Toujours sauvé de justesse. La chance était avec moi. Ou Dieu.

Je continuai travail, famille et amour, je persistai à passer des concours que je préparais activement quand soudain un soir, sur minitel, je vis mon nom apparaitre dans la liste des admis au concours du Ministère de la Défense. Certes je n'étais pas dans les premiers, mais j'étais quand même reçu. Je courus avertir mes parents en braillant ma joie et en agitant sous leurs yeux la liste imprimée avec mon nom dessus, j'en informai le lendemain les collègues en exultant de bonheur; je passai plusieurs jours sur un petit nuage en pensant à ma future carrière sur Paris. J'allai revoir Paris, vivre à Paris, travailler à Paris, habiter à Paris, reconquérir le monde !!!!!!!

J'organisai un grand pot d'adieu avec tous les gens que j'aimais au boulot. Ils étaient une trentaine et je reçus de gentilles cartes d'adieu et d'adorables cadeaux dont un pull de chez Jules que je porte encore aujourd'hui. J'avais amené de l'alcool pour la fête, j'en avais bu un peu, et enjoué je fis de grands discours ayant un mot pour chacun, donnant dans l'émotion, le cœur à vif comme à chaque fois que je buvais. Je fis monter les larmes aux yeux d'une collègue en lui conseillant d'apprendre à s'aimer.

Le pot se termina, tout fut rangé et ce fut ma préférée qui me raccompagna en voiture jusqu'à la gare. Je pleurai dans ses bras, triste de la quitter, un peu éméché, mais réellement ému. Je laissais derrière moi un an de bonheur et de gens formidables, un boulot qui me plaisait et une vie qui m'allait bien. Elle me serra fort dans ses bras.

- Tu pleures parce que tu n'as jamais été aussi vivant ! Continue à vivre, et du mieux que tu peux, me dit-elle.

Je la quittai, apaisé et attendri. J'étais toujours éméché, et dans le bus qui me ramenait à la maison, je téléphonai à ma mère pour la sommer de quitter mon père dont elle se plaignait depuis si longtemps. Je voulais qu'elle se libère elle aussi. Elle me reçut vertement, comprenant que j'étais ivre. Je n'insistai pas. Qu'elle reste avec son bourreau d'amour. Je rentrai à la maison et ce fut une soirée comme les autres. Tranquille et agréable.

J'eus deux semaines de vacances et je fus surpris d'apprendre que mon amoureux d'Internet m'avait menti sur quelques "infimes" détails. Il me le révéla après m'avoir dit qu'il avait été sincère avec moi à 95%. Je le tannai pour savoir ce qu'étaient les 5% restants. J'appris alors … que ce n'était pas sa photo qu'il m'avait envoyée, qu'il m'avait menti sur sa ville, son prénom et son âge. Je fus abasourdi et incrédule, puis je décidai d'en rire. Marc-Olivier de Toulouse alias Laurent de Corrèze, quarante-et-un ans, m'avait bien eu sur toute la longueur. Il m'affirma ne pas avoir triché sur ses sentiments. Je le crus mais pour moi c'était fini. Je lui gardai cependant une certaine affection pour les bons moments passés ensemble et où j'avais retrouvé le goût de vivre et d'aimer. Néanmoins, je le congédiai gentiment et l'autorisai à me téléphoner de temps en temps. En amis.

Je fus convié à une réunion des lauréats du concours du Ministère où chacun dut préciser à l'appel de son nom s'il choisissait l'administration centrale ou un poste régional. Je clamais haut et fort quand ce fut mon tour "administration centrale !" me voyant déjà replonger dans la vie gay de Paris, me trouvant appartement et petit ami et menant une vie libre, affranche, adulte.

Je pris mes fonctions le 31 juillet, m'étant présenté la veille de mon affectation. Tout se présenta sous les meilleurs auspices, je fus reçu par le directeur, homme très sympathique, à l'écoute, qui m'affecta au poste que je désirai. Je rencontrai mes futurs collègues, accueillants et bienveillants, c'était un sans-faute. Dehors, le temps était de rêve et soleil se levait sur une nouvelle vie prometteuse.

Tout s'enchaîna bien, merveilleusement bien. J'étais enthousiaste et ne rechignai pas à me payer quatre heures de transports par jour, en attendant d'obtenir l'appartement sur Paris. J'apprenais mon boulot peu à peu et il était passionnant. Tout roulait.

Mais …

C'était sans compter sans mes démons qui veillaient, prêts à me traquer et me trouver. Ce fut long, lent et progressif, mais le rêve du début ne resta pas longtemps bleu ciel quand ils commencèrent à s'emparer de moi.

A suivre …

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